Si aujourd’hui l’Algérie est en crise financière, c’est pour la simple raison que ses entreprises peinent à se développer pour créer de la richesse. Et les entreprises algériennes rencontrent des obstacles majeurs empêchant leur épanouissement. Au Centre de Recherches en Economie Applique pour le Développement (CREAD), basé à Bouzaréah, une enquête minutieuse a été menée pour identifier ces obstacles qui causent le sous-développement économique à notre pays. 

Cette enquête, obtenue par Algériepart, a concerné les entreprises privées formelles de plus de 5 salariés des secteurs industrie manufacturière (agro-alimentaire, habillement et
textiles, ISMME, BTP et autres industries) et services (commerce de détail et de gros). La taille de l’échantillon est de 590 entreprises, 423 entreprises dans le secteur industrie manufacturière et 167 entreprises dans le secteur des services. La ventilation des entreprises selon la taille est la suivante : 130 très petites entreprises (5-9), 346 petites entreprises (10- 49), 104 moyennes entreprises (50-249) et 10 grandes entreprises (250 et plus).

L’enquête menée par les chercheurs du CREAD démontre l’entreprise algérienne rencontre six principaux obstacles qui sabotent dangereusement son développement. Ces mêmes chercheurs ont constaté que le facteur « accès au financement » est le plus important. En effet, plus de 24% des entreprises déclarent que ce facteur est l’obstacle le plus important. L’accès au financement est le premier obstacle suivi de la concurrence déloyale du secteur informel avec 19,2%. La corruption prend la troisième place
avec 10,7%.

Le taux d’imposition fiscal constitue un obstacle pour 70,5 % des répondants dont 46,2% d’entre eux le considèrent comme obstacle majeure. Les résultats du croisement avec la taille de l’entreprise montrent que plus l’entreprise est petite plus le taux d’imposition fiscal constitue un obstacle majeure.

Plus de 53% des répondants déclarent que les relations avec l’administration fiscale constituent un obstacle. Il y a une différence entre les entreprises selon leur taille, plus
l’entreprise est petite et plus les relations avec l’administration fiscale constitue un obstacle majeur. En termes de secteurs, le secteur des services est le plus touché. Environ 49% des
répondants déclarent que les formalités à la création de l’entreprise constituent un obstacle. Le secteur des services est le plus touché.

Plus de 59% des chefs d’entreprises interrogés déclarent que l’incertitude liée à la réglementation constitue un obstacle. Interrogés sur l’impact de l’instabilité politique sur le
fonctionnement de l’activité, environ 62% des chefs d’entreprises déclarent que l’instabilité politique constitue un obstacle.

 

Près de 80% des répondants déclarent que la corruption constitue un obstacle dont 64,6% d’entre eux le considèrent même comme un obstacle majeur. En Algérie, plus l’entreprise est petite est plus elle est confrontée à cet obstacle. Pour plus de 45% des chefs d’entreprises, le fonctionnement des tribunaux constitue un obstacle

 

Si l’on s’intéresse aux degrés de sévérité des obstacles. On constate qu’en ce qui concerne « l’obstacle majeur » la corruption vient en première position avec 64,6% des
répondants. Le taux d’imposition fiscale en deuxième position (46,21%) et l’instabilité politique en troisième position (44,8%). D’où l’intérêt que les autorités algériennes devrait porter enfin à l’obstacle « corruption ».