Les banques algériennes manquent cruellement de liquidités. Les banques publiques sont les établissements financiers les plus touchés par la rareté de la ressource financière. À quoi cette situation est-elle due ? 

Plusieurs sources bancaires ont confirmé à Algériepart que les caisses de nos banques se vident dangereusement. Et c’est pour cette raison que le gouvernement se retrouve contraint de lancer la planche à billets afin de renflouer les caisses des banques publiques impliquées dans tous les projets de développement décidés par l’Etat. D’après nos sources, la rareté de billets dans nos banques s’explique surtout par les très nombreux crédits bancaires à long terme octroyés par les établissements financiers étatiques aux opérateurs économiques.

Il s’agit de crédits bancaires dont la durée s’étale sur une période de 20 ans. Et le remboursement de ces prêts tardent en raison de la longue durée des investissements financés par nos banques publiques.

Cette information a été officiellement confirmée ce mardi par Boualem Djebbar, président de l’Association des banques et établissements financier (ABEF). Sur les ondes de la radio Chaîne III, ce haut responsable a reconnu que le nombre important des crédits accordés à l’investissement avec des différés importants “sont les principaux facteurs qui ont contribué à la baisse des liquidités dans les banques “.  Cette baisse a été aggravée davantage par la baisse des recettes provenant des exportations des hydrocarbures.

Le président de l’ABEF a ajouté que les crédits à l’économie, accordés par les banques aux entreprises durant les 4 dernières années, ont atteint une moyenne de 20%, avec un pique de 26 % enregistré en 2014. “75% de ces crédit sont accordés à moyen et long terme et une bonne partie parmi eux sont octroyés avec des différés importants qui peuvent aller jusqu’à 10 ans. Donc cet argent n’est pas rapidement renouvelable”, souligne-t-il.

Boualem Djebbar a révélé enfin qu’il ne reste que 600 à 700 milliards de dinars de liquidités dans nos banques, à savoir l’équivalent de 6 milliards de dollars. Ce qui est nettement insuffisant pour faire tourner l’économie algérienne. L’Etat n’a pas trouvé mieux que d’imprimer de nouveaux billets pour faire face aux besoins en liquidités du pays. Une option très controversée qui risque de provoquer de nombreux dégâts sur l’économie du pays.