Au sein de la famille algérienne, toutes les responsabilités reposent sur les épaules des mamans. La femme algérienne ne partage pas le champ familial avec son mari, a constaté une enquête de terrain menée par des chercheurs du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC). Algériepart a obtenu une copie de cette enquête publiée en 2013.

“Nos résultats font apparaître que le père demeure pratiquement manquant sur le plan émotionnel et relationnel  dans la sphère familial”, a conclu cette enquête de terrain menée auprès de 150 ménages. Le nombre d’enfants moyen dans ces ménages est de quatre enfants.

Cette enquête a constaté ainsi que la maman opère une appropriation totale  de la  sphère familial. Est- ce une peur de l’abandon  ou tout simplement un  sentiment  d’utilité omniprésent ? Si l’enquête du CRASC peine à répondre à cette difficile question, elle nous fournit, néanmoins, des indications très précieuses sur l’évolution sur le partage de l’autorité au sein de la famille algérienne.

Et à ce sujet, cette enquête révèle que la sphère des activités domestiques est occupée dans 84.7% des cas par les mères qu’elles soient femmes au foyer ou salariées. Et c’est la mère qui décide de la répartition des tâches ménagères dans le champ familial à 88. 32%. Au sein de la famille algérienne, il n’ y pas de tension dans cette sphère entre le père et la mère et le leadership est dévolue naturellement dans cette zone à la mère

100% des mères s’occupent du contrôle et des soins des enfants. Une tension apparaît dans cette sphère de l’ordre de 35. 3% entre les pères et les mères.  “Ce qui nous laisse supposer qu’un important désaccord  existe entre les parents sur la façon d’éduquer les enfants. Nous n’avons pas  trouvé de coopération syncrétique dans cette sphère. Il existe en général deux tendances parallèles la femme tend vers l’ouverture et  la modernité et le père vers le conservatisme”, analysent les chercheurs du CRASC.

Ces derniers ont découvert également que c’est la mère qui se charge de 94% du champ des activités sociales de la famille, à savoir les activités qu’il faut accomplir les jours de semaine et les week-ends.

En revanche, les activités économiques relèvent de l’autorité du père qui décide de l’achat des courses à 94. 70%. Et les chercheurs du CRASC ont enregistré une tension à ce niveau entre la mère et le père  “de l’ordre de 70. 58% de désaccord”.

Mais au sein de la famille algérienne, c’est, surtout, l’entrée du père dans la zone des devoirs domestiques  qui risque de soulever des tensions dans une zone dominée exclusivement par la femme. “Une zone qui déclenche souvent des conflits ou l’apprentissage de la négociation, de la coopération et du partage  s’impose !”, conclut enfin l’enquête du CRASC.