L’Algérie est officiellement en train de se battre pour se libérer d’une crise financière très dure. Et en dépit de cette réalité amère, les autorités algériennes ont octroyé des budgets faramineux à des institutions  qui n’ont aucune productivité économique. 

En effet, le projet de Loi de finances 2018, adopté mercredi par le Conseil des ministres, prévoit des dépenses de fonctionnement de 4584,46 milliards DA (contre 4591,8 milliards DA en 2017), soit l’équivalent de 45 milliards de dollars. Cette manne a été répartie entre tous les ministères et institutions ainsi que les organismes composant l’Etat algérien.

Le premier constat qui s’impose renvoie au budget de la Présidence de la République qui demeure très élevé alors que les activités présidentielles tournent en ralenti à cause de la maladie du Chef de l’Etat. En 2018, le Palais d’El-Mouradia consommera l’équivalent de pas moins de 78 millions de dollars.

La crise financière n’a pas raison de la puissance de notre armée qui continuera encore et toujours en 2018 à monopoliser la première dépense budgétaire du pays avec l’équivalent de 11 milliards de dollars. L’autre surprise est le ministère des Moudjahidine qui bénéficiera d’un budget de 2,2 milliards de dollars. Une très légère baisse a été décidée pour ce ministère qui n’a aucun impact économique sur le pays et qui touche plus d’argent que les ministres de la formation professionnelle (460 millions de dollars), la  justice (740 millions de dollars) ou les transports (250 millions de dollars).

Cette répartition budgétaire démontre enfin que les gestionnaires de l’Etat algérien n’ont toujours pas changé de vision en dépit de l’étendue alarmante de la crise financière de notre pays. Les secteurs productifs et essentiels pour le développement du pays demeurent toujours marginalisés au profit des secteurs bureaucratiques voire politiques aux enjeux électoraux. Et cette politique est vraiment dangereuse.

Voici en dernier la répartition exacte du budget de l’Etat algérien par département ministériel. Signalons que les chiffres entre parenthèses sont ceux de la Loi de finances 2017. L’Unité de calcul est en milliards DA :

Présidence de la République : 7,86 (7,82)
Services du Premier ministre : 4,45 (4,5)
Défense nationale : 1.118,29 (1.118,29)
Intérieur et Collectivités locales : 425,57 (394,26)
Affaires étrangères : 35,21 (35,21)
Justice : 74,54 (72,67)
Finances : 86,82 (87,51)
Energie : 50,8 (44,15)
Industrie et Mines : 4,61 (4,61)
Agriculture, dév. rural et pêche : 211,81 (212,8)
Moudjahidine : 225,17 (245,94 )
Affaires religieuses et Wakfs : 25,24 (25,37)
Commerce :19,98 (19,51)
Ressources en eau : 14,01 (16,18)
Travaux publics et transports : 25,98 (27,42)
Habitat, urbanisme et ville : 16,62 (17,65)
Education nationale : 709,55 (746,26)
Enseignement sup. et recherche sc. : 313,33 (310,79)
Formation et Ens. professionnels : 46,84 (48,3)
Travail, emploi et séc. sociale :154,01 (151,44)
Culture :15,27 (16)
Solidarité nationale : 67,38 (71)
Relations avec le Parlement : 0,23 (0,23)
Santé, population et réforme hospitalière : 392,16 (389,07)
Jeunesse et sports : 35,23 (34,55)
Communication : 20,7 (18,7)
Poste et TIC : 2,34 (2,4)
Tourisme : 3,15
Environnement et Energies renouv. : 2,13.