Des militants politiques, journalistes et autres personnalités de la société civile ont été interpellés, ce samedi, par les forces de l’ordre. Ils ont tenté de tenir un sit-in devant le siège de l’ARAV (autorité de régulation de l’activité audiovisuelle) pour protester contre la diffusion, par la télévision publique, d’un reportage dont les images sont jugées choquantes.

Parmi les personnes interpellées, on trouve le journaliste et ancien directeur du journal El Khabar, Chérif Rezki. Il raconte sur sa page Facebook que la police n’a même pas laissé les protestataires se rassembler. C’est, pourtant, la même police qui a autorisé, en mai, un sit-in en soutien à l’écrivain Rachid Boudjedra. Un rassemblement auquel a participé à la surprise générale, Saïd Bouteflika. 

Dans un communiqué rendu public avant cette activité, les intellectuels considèrent que la diffusion de telles images sont « contraires à l’éthique et à la déontologie » de la profession. « La diffusion de ces images sont la preuve de l’impasse et de l’échec politique qui caractérisent les bandes qui se battent au sommet du pouvoir », indique le document. « Nous dénonçons ces pratiques qui visent à terroriser et à faire peur aux Algériens de la part des médias officiels. Cela ne fait qu’aggraver la situation du pays et demandons l’ARAV d’intervenir afin de faire appliquer la loi et empêcher ce genre de dépassements ».

La semaine dernière, la télévision publique a diffusé des images choquantes sur la décennie noire. C’était l’occasion de rappeler l’application de la Charte pour la Paix et la réconciliation nationale.