Plombé par le poids de sa bureaucratie et ses multiples dysfonctionnements, Algérie-Télécom tente s’en sortir en proposant de nouvelles offres à ses clients. L’opérateur qui monopolise tout le marché algérien et fixe les prix qu’il veut comme bon lui vient de conclure un accord jugé historique avec le chinois  ZTE. 

Cet accord va lui permettre de se procurer la nouvelle technologie intitulée FTTX. De quoi s’agit-il réellement ? Le FTTX est un réseau en fibre optique pour l’internet très haut débit.

Il s’agit d’une technologie qui favorisera les échanges et une communication plus équilibrée entre usagers du réseau : visioconférence, Peer to Peer, Téléphonie sur IP, sauvegarde en ligne. Ce réseau en fibre optique permettra de passer de 20 mégas, actuellement, à des performances pouvant atteindre les  100 mégas.

Avec le FTTX, Algérie-Télécom peut acquérir des nouveaux équipements qui vont desservir jusqu’à 16.000 abonnés sur une distance de 6 km. Cette technologie nécessitera un nouveau modem adaptée à la fibre optique qui sera mis sur le marché, promet dans ce sens Algérie-Télécom lequel précise que le FTTX, la numérotation de la téléphonique fixe devra changer et passer de 9 chiffres, actuellement, à 10 chiffres.

Le réseau FTTX sera déployé au niveau des agglomérations les plus dynamiques. Les nouvelles cités AADL, LPP, promotion immobilière et logements sociaux devront être automatiquement équipées par cette technologie ainsi que les grandes entreprises, les PME/PMI et les services publics (notamment les établissements universitaires et scolaires).

On l’aura tous compris : le FTTX pourra enfin démocratiser l’accès à internet en Algérie. Mais l’opérateur public et historique sera-t-il à la hauteur pour bien gérer le déploiement de cette technologie ?

Le doute persiste et les connaisseurs du secteur des Technologies en Algérie demeurent très sceptiques car le management d’Algérie-Télécom est encore tributaire de schémas archaïques. Techniquement, Algérie-Télécom demeure très limitée et ne peut répondre qu’à  200.000 et 250.000 nouveaux clients par an.

Elle ne peut toujours pas raccorder tous les foyers algériens à internet. Algérie-Télécom ambitionne d’atteindre cet objectif qu’en… 2019 ! Pour le moment, il n’y a que 2,2 millions abonnés ADSL en Algérie. Et s’il n’y avait pas la 3 G ou récemment la 4 G, les Algériens n’auraient jamais pu savourer les bienfaits d’internet.

En plus, la santé financière d’Algérie-Télécom est très inquiétante et l’Etat est à chaque fois obligé de la renflouer. Le montant des créances enregistrées par Algérie Télécom dernièrement suite à un cumul de dettes impayées auprès des entreprises et clients particuliers a atteint la somme de 160 milliards de dinars, à savoir près de 1,5 milliard de dollars. C’est à se demander enfin si Algérie-Télécom doit vraiment continuer à monopoliser à elle-seule la mission stratégique de développer internet dans notre pays.