Les retombées du système éducatif sur la croissance économique en Algérie sont faibles, très faibles. Et c’est une enquête universitaire très sérieuse qui vient de le confirmer. Menée par 4 enseignants chercheurs de l’université de Béjaïa et du  Centre de Recherches en Economie Applique pour le Développement (CREA), basé à Alger.  

Les résultats de cette enquête universitaire démontrent que  l’enseignement secondaire est le point faible de notre système éducatif. Et selon les calculs et recherches empiriques de ces chercheurs, c’est le mauvais enseignement dispensé dans nos lycées qui produit un effet néfaste sur notre croissance économique alors que la Banque Mondiale dans son rapport “construire les sociétés de savoir” suggère que l’enseignent secondaire est l’un des paliers de l’enseignent et préconise de ce fait que l’accent soit mis sur son efficacité, notent les auteurs de cette enquête intitulée justement “CONTRIBUTION DU SYSTÈME ÉDUCATIF
A LA CROISSANCE ECONOMIQUE EN ALGÉRIE”.

“La lenteur de la croissance économique en Algérie, 3,65%3 durant la période allant du 1970 jusqu’à 2010, peut s’expliquer en partie par l’absence de l’impact de l’enseignement secondaire. En effet, une partie importante de la population disposant d’un niveau d’éducation plus au moins élevé est en dehors de l’activité économique”, soulignent les chercheurs algériens qui préconisent aux pouvoirs publics de recourir à ce constat pour mettre en place u”ne politique économique dont l’objectif est le renforcement de l’insertion des jeunes ayant le niveau secondaire dans l’activité économique et cela en encourageant les activités qui nécessitent une main d’œuvre qualifiée”, ont-ils assuré.

En vérité, le  principal défi rencontré par l’Algérie pour réussir son développement aujourd’hui, “est celui de la capacité à innover et à transformer le capital humain en capital productif”, signalent encore ces chercheurs selon lesquels “les résultats montrent que le niveau d’enseignement primaire a une influence positive sur la croissance économique”.

Preuve en est, “le coefficient associé à cette variable vaut 1.70 (statistiquement significatif au seuil de 5%.), ce qui est conforme à hypothèse formulée. Ce résultat
s’explique par l’efficacité du système éducatif national. En effet, une augmentation de 1% du taux de scolarisation dans le primaire engrainera une augmentation du revenu réel par habitant de 1.70%”, analyse-t-on dans cette enquête qui ne manque de pointer du doigt les grandes insuffisances de l’enseignement secondaire.

“Nous avons aussi supposé que l’enseignement secondaire aurait une influence positive et significative sur le revenu réel par tête. Après l’estimation des paramètres de l’équation, le coefficient de cette variable est de signe négatif. Ceci peut s’expliquer par l’inefficacité du
système d’enseignement secondaire”, concluent ces 4 chercheurs du CREAD qui insistent sur “l’effet positif de l’éducation sur la croissance économique”.

Il faut savoir que dans les pays les plus développés, l’effet à long terme d’une année d’étude supplémentaire au sein de la population adulte oscille généralement entre
3% et 6% sur la production économique. En Algérie, nous sommes loin, encore loin d’atteindre un tel seuil.