En grande difficulté pour la majorité d’entre elles, les entreprises publiques algériennes sont gérées et dirigées que par des managers très âgés.  C’est du moins ce que constate une enquête menée par deux chercheurs universitaires algériens, Lamia AZIEZ et Ahmed KOUDRI, qui ont consacré toute une étude approfondie sur le fonctionnement des conseils d’administrations des entreprises publiques algériennes. 

“La composition des conseils des entreprises enquêtées par tranche d’âge montre que 5,34%  des  administrateurs ont moins de quarante ans”, explique cette enquête réalisée pour le Centre de Recherche en Economie Appliquée pour le Développement (CREAD). Cette enquête a démontré également l’importance des administrateurs situés dans la tranche d’âge entre 40 et 60 ans qui représentent 74,81% des administrateurs alors que 19,85 % des administrateurs ont plus de soixante ans.

Ces chiffres révèlent que les administrateurs de ces conseils ne sont pas très jeunes et semblent traduire une certaine déconnexion de ces entreprises des réalités économiques modernes et récentes car ces managers âgés peuvent manquer de motivation et d’ambitions pour porter sur leurs épaules le poids de la réussite de leurs entreprises employant des  milliers de salariés. “Cette structure du conseil d’administration dénote une homogénéité certaine du conseil d’administration préjudiciable en termes d’innovation”, estiment, pour leur part, les deux chercheurs du CREAD selon lesquels les études modernes ont souligné que “la diversité d’âge du conseil d’administration facilite les capacités cognitives et d’apprentissage du conseil, et l’aide à développer des idées nouvelles et innovantes”.

Les deux chercheurs ajoutent enfin que “la diversité d’âge au conseil d’administration entraîne souvent une répartition des tâches et des rôles au niveau des membres ; le groupe plus âgé apporte l’expérience, le réseau ; celui d’âge intermédiaire est en charge des principales responsabilités exécutives, et le groupe plus jeune développe ses
connaissances des affaires et les activités de l’entreprise”.

Malheureusement, nos entreprises publiques, fortement endettés représentant un lourd fardeau pour le pays en ces temps de crise financière, ne font aucun effort pour se conformer aux exigences du management moderne.