Un plan anti-cancer est en vigueur depuis des années. Mais sa réussite dépend du temps et des moyens qui lui seront affectés. Des moyens qui peuvent parfois exister, mais que les gestionnaires algériens exploitent très mal. Le cri de colère n’est pas celui d’un opposant, mais du professeur Kamel Bouzid, président de l’association algérienne d’oncologie.

Intervenant sur les ondes de la radio chaine 3, le Professeur Bouzid a déploré les « problèmes de  maintenance » concernant notamment les scanners de simulation, citant l’exemple du scanner de l’hôpital de Constantine qui est en panne depuis près de deux mois à cause d’un « problème banal de maintenance, alors que cela n’existe pas dans le secteur privé ». Et cela est lié, directement, aux problèmes de gestion, a-t-il indiqué.

“Ces problèmes sont liés directement aux gestionnaires des hôpitaux et non pas au personnel médical ou paramédical”, a-t-il asséné soulignant que “tout fonctionne dans le secteur privé où l’on ne se plaint pratiquement pas de pannes de matériels ou d’équipements”.

Plus que cela, le professeur a mis le doigt sur d’autres « défaillances ». Il a indiqué qu’en oncologie médicale, « l’une des failles majeures en Algérie consiste en l’absence d’enregistrement de médicaments innovants depuis 5 ou 6 ans, sans aucune explication de la part du ministère de tutelle et de la pharmacie centrale », faisant observer que « ce sont des médicaments validés en Europe et en Amérique ».

Par les chiffres, le Professeur Bouzid indiqué que le nombre de   nouveaux cas recensés est passé de 80 pour 100.000 en l’an 2000 à 130 pour  100.000 actuellement. Citant l’exemple du cancer du sein chez la femme en Algérie, il a relevé qu’ « il y a 10.000 nouveaux cas par an actuellement pour passer à 15.000 nouveaux cas/ans en 2020 », précisant que « les coûts de prise en charge sont estimés entre 300.000 DA et 5 millions DA par patiente car il y a des médicaments qui coûtent environ 40.000 euros par patiente et par an ».

Il a relevé également que le cancer colorectal est en « nette   progression » en l’Algérie aussi bien chez l’homme que la femme en raison des changements dans le régime alimentaire, soulignant enfin que depuis 18 mois des campagnes de dépistage pilote du cancer colorectal sont lancées dans le but d’établir des diagnostics précoces.