Peut-on être mécanicien et travailler comme enseignant ? Peut-on avoir la qualité d’enseignant sans jamais toucher un centime de salaire et sans jamais le savoir? Si ces questionnements peuvent être étranges pour le commun des mortels, ce que vient de subir un citoyen de M’sila relève de la science-fiction.

Rekhila Senoussi est âgé de 49 ans. Il est diplômé en mécanique automobile. Il y a quelques années, il est allé demander un local commercial dans le cadre de ce qui est connu comme le programme “des  locaux du président de la République”. Mais sa surprise fut grande lorsqu’il a appris, en 2007, qu’il ne peut prétendre à un tel « avantage ». Pourquoi ? Au niveau des services de la commune de M’sila, la raison est très simple : Rekhila Senoussi est officiellement enseignant dans un CEM de Sidi Aissa depuis 1994.

Le premier contrat aurait expiré en 2001 avant qu’un nouveau contrat ne démarre en 2002. Il est inscrit en tant que tel. Pis encore, il cotise officiellement à la Caisse nationale de sécurité sociale des salariés (CNAS). Une information qu’a confirmée le bureau de la Ligue nationale de défense des Droits de l’Homme (LADDH), aile Salah Debouz. Mais le concerné est surpris. Il affirme qu’il n’a jamais déposé de dossier, n’a jamais touché un salaire de sa vie pour ce travail qu’il réfute d’accomplir.

L’homme dépose plainte. En vain. En 2012, le Procureur de la République l’informe que son affaire est « classée » pour manque de preuves. « Le Procureur m’a chassé de son bureau », raconte-il dans cette vidéo. Pourtant, l’homme ne demande que sa radiation du corps enseignant pour pouvoir travailler et vivre normalement. Une situation qui le prive de plusieurs de ses droits sociaux !

Pour avoir  le cœur net, la LADDH s’est déplacée au niveau la direction de l’Education. Selon l’association de défense des Droits de l’Homme, il existe de nombreux “emplois fictifs” dans la wilaya de M’sila. Et de nombreux algériens ont été victimes de l’arnaque qui est en train de détruire la vie de Rekhila Senoussi.