La complexité de la situation financière de notre pays ne date pas d’aujourd’hui. Elle tire son origine de la chute des recettes de nos exportations de gaz et de pétrole. 

Des recettes en baisse conséquente et continuelle jusqu’à atteindre plus de 50 % de pertes pour le Trésor Public. Et pendant ces trois dernières années, l’Etat algérien a bricolé dangereusement pour combler les trous de sa trésorerie de plus en plus déficiente. Comment a-t-on procédé exactement ?

C’est, d’abord, la Banque d’Algérie qui a sorti la première son chéquier pour le paiement des intérêts au profit du Trésor public. Un premier paiement de l’ordre de 610 milliards de DA, l’équivalent de 6 milliards de dollars, a été effectué en 2015 et 919 milliards de DA en 2016, soit l’équivalent de 9 milliards de dollars.

La Banque d’Algérie effectuera également des avances au profit du Trésor public pour l’aider à mobilier de l’argent afin de financer le fonctionnement du pays. En 2017, la banque centrale versera encore 276 milliards de DA, soit près de 2,7 milliards de dollars,  et en 2016, un autre versement de 280 milliards de Da, soit près de 2,8 milliards de dollars, a été effectué par la Banque d’Algérie.

Mais tout cet argent ne va pas suffire et le Trésor Public se trouvera encore et toujours très déficient nécessitant le recours à l’épargne du Fonds de régulation des recettes (FRR) qui finira par s’épuiser complètement au début de cette année 2017.

Tout commence en 2013 où pour financer les onéreuses dépenses publiques qui se situent à un niveau élevé, le Trésor Public a prélevé du FRR 1.132 milliards de DA, soit près de 1,1 milliard de dollars. En 2014, un prélèvement de 2.965 milliards de DA , soit près de 2,9 milliards de dollars, a été effectué et en 2015, 2.886 milliards DA, l’équivalent de 2,8 milliards de dollars, ont été retirés des caisses du FRR par le Trésor Public.

Cette “saignée” va se poursuivre en 2016 où le Trésor Public aura encore besoin de 1.387 milliards Da, soit près de 1,3 milliards de dollars. Et début 2017,  le Trésor Public va utiliser ce qui restait soit 784 milliards de DA. Le FRR sera entièrement épuisé et malgré tout cet argent perdu, notre Trésor Public  manque encore et toujours d’argent pour pouvoir financer le fonctionnement de notre économie jusqu’à la fin de l’année 2017. Des milliards de dollars se sont effrités sans aucun impact positif sur l’état de nos finances. Une véritable hémorragie qui reflète l’inefficacité dangereuse de nos dirigeants.