La situation financière de l’Algérie est très compliquée. Et ce n’est pas un euphémisme ni un alarmisme exagéré de la part du Premier ministre, Ahmed Ouyahia. L’Algérie doit trouver rapidement dans les jours à venir près de 5,7 milliards de dollars pour pouvoir fonctionner jusqu’à la fin de cette année 2017. 

Fonctionner cela signifie clairement payer les salaires des Algériens et éviter la paralysie des institutions étatiques ainsi que des grandes entreprises publiques et pour ce faire, il va falloir renflouer leurs caisses. Mais comment on en est arrivé là ? Le directeur général du Trésor, Fayçal Tadinit, a expliqué les raisons qui ont conduit à cette situation de “quasi-faillite”.

En vérité, tout a commencé lorsque l’Algérie a adopté la loi de finances 2017. Celle-ci avait prévu près de 6.002 milliards de dinars de recettes et 7.115 milliards de dinars de dépenses, soit un déficit de 1.113 milliards de dinars que le Trésor Public n’a réussi qu’à couvrir partiellement. Il s’agit tout de même d’un déficit budgétaire de pas moins de 11 milliards de dollars.

Et le Trésor Public n’a plus suffisamment d’argent pour financer le trou béant occasionné par ce déficit dans la comptabilité de l’Etat algérien. Et pour cause, depuis le 2e semestre de l’année 2014, les recettes des exportations des hydrocarbures ont chuté de 50 %. Ce qui signifie que notre Trésor Public a perdu énormément de recettes financières.

Aujourd’hui, il n’y a plus d’argent pour tenir jusqu’à la fin de cette année 2017. Le Trésor Public a pu combler une partie de ces 11 milliards de dollars déficit causé par la Loi de Finances 2017.  Il reste à couvrir 570 milliards de DA déficit, d’où la nécessaire modification de la loi sur la monnaie et le crédit, argue le directeur général du Trésor. Comme le pays ne veut pas recourir à l’endettement extérieur, les autorités ont décidé de fabriquer de nouveaux billets de banque pour combler le déficit et financer le fonctionnement du pays. C’est à travers ce procédé, appelé communément planche à billets, que l’Algérie va mobiliser les précieux 5,7 milliards de dollars dont elle a besoin pour éviter la faillite d’ici la fin de l’année. Mais qu’en sera-t-il en 2018 ?