Pour dénoncer les interdictions qui frappent leurs activités, des associations et organisations de la société civile sont en colère. Elles comptent organiser, lors de la date symbolique du 5 octobre, une manifestation populaire dans la ville de Béjaïa.

Les associations, regroupées dans le «collectif citoyen pour les libertés» (CCPL), appellent «toute la population à participer à une grande action de protestation qui se traduira par un rassemblement populaire devant la wilaya le 05 octobre 2017 à 11h00 et qui sera couronné par une université populaire à la place Saïd Mekbel l’après-midi, à partir de 14h00».

Cet appel fait suite à l’interdiction exprimé par les services de la wilaya de Béjaïa en direction de la Ligue algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme, empêchée de tenir, le début octobre, son université d’été à Souk-El-Tenine. «Cette brutale interdiction exprime très clairement la volonté du pouvoir de réprimer les libertés démocratiques par le verrouillage des espaces d’expression» dénonce le Collectif. «En s’attaquant sans relâche, par le biais des chefs de daïra et du wali, aux organisations de la société civile qu’il ne contrôle pas, il (le pouvoir) cherche en réalité à soumettre totalement la population en lui empêchant toute possibilité d’être librement et dignement représentée quand ses droits sont bafoués et ses libertés foulées aux pieds», écrit-il.

Les services de la wilaya de Béjaïa ont justifié leur geste par le problème de représentativité dont souffre la LADDH, scindée en trois factions différentes. Mais l’interdiction de cette activité rappelle d’autres interdictions. A l’image des conférences empêchées à Aokas.