De passage, mardi, devant les membres de la commission des Finances de l’APN, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia a donné un tableau exhaustif de la situation financière du pays. Des pertes financières causées par la chute des prix du pétrole, de l’utilisation qui sera faite du recours à la planche à billet en passant par des mesures qui seront contenues dans la loi de Finances 2018, le premier argentier du pays a donné une image inquiétante.

Le ministre des Finances a expliqué qu’en raison de la tendance à la baisse des prix du pétrole brut, les exportations algériennes des hydrocarbures sont passées de 60,3 milliards de dollars en 2014 à 32,7 milliards de dollars en 2015, à 27,1 milliards de dollars en 2016 et à 18,7 milliards de dollars au cours des sept premiers mois de l’année 2017. Le ministre a en outre fait savoir que la fiscalité pétrolière recouvrée jusqu’à juin 2017 était de 1.100 milliards de dinars, soit 60% de celle recouvrée à la même période en 2014.

De la même manière, il a rappelé que les réserves de changes ont chuté de 200 milliards de dollars en 2014 à 105 milliards en juillet. Le montant sera encore porté à la baisse pour atteindre un maximum de 97 milliards de dollars vers la fin de l’année.

Il est clair que suivant les propos du ministre, le problème de l’économie algérienne est le fait de ne compter que sur les hydrocarbures comme ressources en devises et important pourvoyeur en fiscalité. La part de la fiscalité pétrolière représentait, jusqu’à 2014, plus de 65% dans le budget de l’Etat. Une part énorme qui a conduit notamment à la crise actuelle.

Pour faire face au manque de ressources financières, le ministre des Finances a rappelé que son gouvernement va devoir faire attention au risque inflationniste. Il a assuré que le risque d’inflation, conséquence du recours au financement non conventionnel, fera l’objet d’un contrôle « rigoureux », affirmant que l’utilisation du financement non conventionnel sera encadrée et que chaque retrait sera soumis à un « contrôle minutieux ». Une option qui ne semble pas convaincre les experts et l’opposition qui affirment que le recours à la planche à billets entraînera, inévitablement, une forte inflation. Cela se saura dans les mois à venir !