Des Harragas algériens ont filmé une scène poignante. Entassés sur leur embarcation de fortune, une dizaine de migrants clandestins algériens ont été interceptés au large par nos garde-côtes alors qu’ils s’apprêtaient à s’enfuir vers les côtes italiennes. 

Les gardes-côtes ne les interpellent pas et essaient uniquement de ralentir leur course. Un dialogue totalement incroyable s’installe entre les deux parties. Les gardes-côtes semblent vouloir soutirer de l’argent aux malheureux Harragas et ces derniers les supplient et crient leur désespoir. « Nous n’avons rien dans nos poches, nous sommes uniquement des vendeurs de légumes », s’écrient les Harragas originaires d’Annaba si l’on se réfère à leur accent. « Laissez-nous partir SVP ! », lancent encore ces migrants qui tentent visiblement d’échapper à une tentative de racket.

Ce qui s’ensuit restera dans les annales. Les garde-côtes les autorisent à poursuivre leur escapade vers l’Italie et ne procéderont à aucune arrestation. Ces Harragas n’ont payé aucun bakchich. Du moins pour cette fois-ci. Selon plusieurs sources concordantes, cette scène aurait été filmée au large d’El-Kala, dans la wilaya d’El Tarf. Cet incident est loin d’être un cas isolé selon des témoignages de migrants clandestins recueillis par Algériepart. A maintes reprises, des éléments de nos garde-côtes font payer « un droit de passage » à nos Harragas pour leur épargner une arrestation musclée et un placement sous mandat de dépôt à leur retour sur les côtes algériennes. En pleine mer, ce phénomène prend une ampleur inquiétante d’après nos sources au même titre que la corruption qui ronge plusieurs corps de l’Etat.