L’agriculture algérienne peine à démarrer pour réaliser de la croissance. Pour réduire la facture des importations alimentaires qui avoisine les dix milliards de dollars par an, les autorités algériennes se dirigent vers une solution d’urgence : confier les immenses terres agricoles inexploitées dans le pays aux Chinois.

Le projet est sérieux, puisque pas moins de trois millions d’hectares sont aujourd’hui inexploitées en Algérie pour diverses raisons. Pour épauler l’agriculture algérienne essentiellement artisanale et désorganisée, les autorités algériennes veulent faire appel aux agriculteurs chinois pour booster la production nationale.  L’Algérie veut emprunter la même voie que plusieurs pays africains dont pas moins de dix millions d’hectares sont exploités par les Chinois. L’achat de terres arables par la Chine en Afrique été menée par de grandes entreprises publiques qui ont investi dans des plantations, notamment en Tanzanie, au Sénégal, en Sierra Leone et en Zambie, où elles cultivent aujourd’hui le riz, le maïs, le manioc et le sésame. Une partie de la production est vendue localement, l’autre exportée vers la Chine.

En Algérie, les contours précis des investissements chinois dans l’agriculture n’ont pas encore été encore officiellement validés. Pour autant, la signature de deux accords importants par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdelkader Bouazghi, et son homologue chinois, Han Changfu, ont été signés à Pékin. Le premier accord vise à renforcer la coopération bilatérale dans le domaine de la protection des végétaux et de la quarantaine végétale, à prévenir la propagation des ravageurs dans les deux pays, à protéger la production agricole et les ressources végétales ainsi qu’à promouvoir la diversification du commerce bilatéral.

Le deuxième accord, prévoit de mettre en place entre l’Algérie et la Chine des mécanismes de coopération dans le domaine du contrôle des maladies animales afin de protéger leurs territoires de la propagation de pathologies transfrontalières, et ce lors des opérations d’import, d’export ou de transit d’animaux, de produits d’origine animale ainsi que des moyens de transport, de conditionnement, des conteneurs, des outils d’alimentation pouvant être contaminés par les pathogènes.

Selon plusieurs sources proches du ministère de l’Agriculture, ces deux accords permettront de disposer d’une base légale pour accueillir les investissements chinois. Les autorités chinoises vont envoyer prochainement une délégation pour repérer les éventuelles terres algériennes où il est possible de lancer des exploitations agricoles.