Le groupe français JCDecaux est un géant mondial dans l’affichage publicitaire. Présent en Algérie depuis 2008, il a obtenu plusieurs marchés importants qui le positionnent parmi les leaders de ce secteur très méconnu de nos compatriotes.  

Depuis 2010, JCDecaux est lié avec la société de gestion de la gare routière d’Alger (SOGRAL) par un contrat qui lui permet de gérer les espaces publicitaires et les panneaux d’affichage dans au moins une vingtaine de gares routières à travers le pays comme celles de Jijel, Ain Témouchent ou celle du Caroubier à Alger. Algériepart s’est procuré un copie de ce contrat qui prévoit notamment le versement par JCDecaux d’une redevance annuelle à la SOGRAL.

Cette redevance, comme le précise ce contrat qui a été renouvelé et qui permet à JCDecaux de gérer en exclusivité les espaces publicités de nos gares routières jusqu’à 2021, ne doit pas être inférieur à un minimum garanti fixé par les deux partis. Selon nos informations, le taux de redevance commerciale que doit honorer JCDecaux est fixé à 30 % de ces recettes engrangées. En septembre 2010, lors du démarrage, le minimum garanti était fixé à 20 millions de Da. En 2011, il a augmenté de de 10 % pour atteindre les 22 millions de Da. Et selon le contrat conclu avec la SOGRAL, JCDecaux doit augmenter chaque année de 5 % le minimum garanti qu’elle doit verser et ce peu importe le montant de ses recettes.

Or, selon plusieurs sources proches de la SOGRAL, JCDecaux ne respecte pas réellement les clauses du contrat et les redevances annuelles versées à la SOGRAL sont constamment inférieures au minimum garanti. Plusieurs clauses du contrat n’ont pas été mises en oeuvre comme celles de l’article 18 où il est indiqué que si durant deux exercices comptables consécutifs, la redevance est inférieure au minimum garanti, le contrat pourra être résilié et l’équilibre économique n’est pas rétabli. Il s’avère que jusqu’à aujourd’hui JCDecaux continue de régner sur nos gares routières.

Le géant français a-t-il trompé son partenaire algérien ? A-t-il imposé son diktat au détriment des intérêts financiers d’une entreprise publique algérienne ?

Le responsable de JCDecaux Algérie, Samy Benoussaid, a démenti catégoriquement le moindre désaccord avec la SOGRAL et jure que JCDecaux a toujours payé ses redevances en respectant les augmentations consécutives du montant du minimum garanti. “Nous avons tous les relevés bancaires qui démontrent ce que je vous affirme”, a certifié Samy Benoussaid joint au téléphone par la rédaction d’Algériepart.

“Nous rapportons chaque années des sommes importantes à la SOGRAL et nous avons toujours respecté nos engagements en dépit de la conjoncture très difficile et de la baisse drastique de la croissance du marché de l’affichage en Algérie”, assure notre interlocuteur qui accuse des “concurrents mal-intentionnés” de semer des informations infondée et incorrectes.

Selon Samy Benoussaid, le contrat avec la SOGRAL est maintenu jusqu’à 2021 et JCDecaux continuera de payer le plus normalement ses redevances. Il nous signale, en outre, que ce marché n’est pas le plus important pour la firme française en Algérie. “C’est l’aéroport international d’Alger qui représente 70 % de nos recettes”, explique le responsable de JCDecaux Algérie qui a réalisé en 2015, un chiffre d’affaires évalué à 1 milliard de Da.