C’est un témoignage qui devra interpeller les autorités publiques et susciter un débat national au sujet du traitement des détenus dans les prisons algériennes. 

Le prisonnier Ghadbane Hamdi,  âgé de 29 ans, a décidé de rompre le silence pour dénoncer les maltraitances dont il fut victime au sein de la prison de Babar à Khenchela.

Ce détenu est resté sans soins médicaux pendant une durée de trente jours après avoir été battu par un officier surveillant en février 2015. Alors qu’il avait les mains menottées derrière le dos, l’officier l’a jeté par terre lui cassant le pouce, ce qui a nécessité deux interventions chirurgicales qui ont échoué. Les médecins ont exigé une troisième intervention qui n’a toujours pas eu lieu.

Le détenu a engagé une poursuite judiciaire contre l’officier en question depuis le 25 février 2015. Un combat qui n’en finit toujours car la justice ne veut guère traiter son dossier dans la transparence et la droiture. Preuve en est, la Cour d’Oum El Bouaghi a informé la famille du détenu que l’affaire a été classée prétextant que leur fils est tombé brutalement tout seul et qu’il n’a jamais été agressé par les agents de la prison de Babar.

Le 29 juin 2015, le détenu est transféré à de la prison de Babar à la prison de Bordj Bou Arréridj. L’administration pénitentiaire affirme qu’il a été transféré, ensuite, à la prison de Sétif pour effectuer des soins médicaux complémentaires. Or, le détenu affirme qu’il est resté sans assistance médicale et continue de souffrir des maltraitances des gardiens.  Il a été, enfin, transféré en février 2017 à la prison de Boussaâda wilaya de M’sila. Aujourd’hui, il poursuit sa lutte pour faire aboutir la vérité sur ce qu’il subit au sein de nos prisons. La Ligue Algérienne de Défense de Droits de l’Homme (LADDH) prend en charge ce dossier pour défendre les droits de ce détenu qui crie sa détresse dans l’indifférence générale. Découvrez son histoire dans cette vidéo :