“C’était dans la nuit du lundi au mardi. Vers 22 h – 22 h 30, les cris ont commencé. Les sirènes se sont mises à hurler. Il n’y avait plus d’électricité. Toute la ville était dans le noir. Nous nous sommes tous levés. Nous étions en pyjama, pieds nus parfois. Les femmes qui portaient le voile sont sorties tête nue dans la rue. On entendait comme des bombardements. C’est comme si nous étions en état de siège. Des habitants du quartier se sont jetés des terrasses. Une femme enceinte a été éventrée et ils lui ont enlevé son bébé”.

C’est le témoignage d’une femme dans un documentaire de la chaîne France 24. Cette dame, aujourd’hui âgée de presque 50 ans, fait partie des rescapés d’un des massacres les plus horribles qu’a vécu l’Algérie durant la décennie noire.

En effet, dans la nuit du 22 au 23 septembre 1997, des hommes armés ont fait irruption dans des dizaines de maisons du village de Bentalha, dans le sud de la capitale, pour terroriser les habitants. Un véritable massacre a été commis. Plus de 400 personnes, dont des femmes, des enfants et des vieillards, sont massacrés dans des conditions atroces. Des témoignages glaçants parlent de femmes enceintes éventrées, des bébés égorgés et des hommes mutilés. Le massacre, entamé à 22 heures ne s’est arrêtés que vers l’aube.

20 ans après, les survivants tentent de panser leurs plaies. La vie est revenue dans ce bourg devenu une ville. Mais des questionnements sont toujours posés. Des interrogations restent sans réponse. Beaucoup ne comprennent toujours pas comment l’armée, qui compte une caserne à quelques mètres du village, n’est pas intervenue.  Les militaires ont beau expliquer les raisons de cette inaction : l’obscurité empêchait toute intervention. Rien n’est fait.

Aujourd’hui, malgré la Concorde civile qui pratiquement blanchi les terroristes de leurs actes, beaucoup ne veulent pas oublier. Car, il y a 2O ans, des Algériens ont massacré d’autres Algériens !