Depuis une semaine, une nouvelle loi en Tunisie autorise les femmes à contracter un mariage avec des non-musulmans. Cette nouveauté n’a pas hésité de susciter un véritable tollé partout dans le monda arabe. 

En Algérie, une telle avancée est-elle possible ? Le célèbre sociologue algérien Nacer Djabi est très sceptique. “Je ne pense pas que le mariage entre Algériennes et étrangers non musulmans soit possible en Algérie à court terme, même si ces questions commencent à être posées par des organisations pour permettre aux Algériennes de régler sur le terrain ce problème”, a expliqué ce professeur en sociologie qui a démissionné récemment de l’université pour protester contre son déclin intellectuel et les pressions politiques auxquelles elle est soumise au quotidien.

“Cependant, j’ai eu personnellement à constater la grande tolérance qui commence à voir le jour chez les Algériens qui recourent à une sorte d’hypocrisie collective et à la ruse pour permettre à leurs filles de se marier avec des personnes qui ne sont pas musulmanes”, a-t-il dit dans un entretien accordé à l’édition africaine du magazine français Le Point. “En fin de compte, la question est simple. Elle est liée à des formalités religieuses qu’il est très facile de dépasser s’il y a une détermination (de la femme) à se marier avec un non-musulman”, explique-t-il encore en analysant la situation actuelle de la société algérienne.

Nacer Djabi pointe du doigt le “système politique dont l’élite” qui  “a vieilli et devient plus rétrograde et conservatrice”. “Notre système (politique) sait comment gérer l’Algérien en milieu rural, illettré ou pauvre en lui accordant, par exemple, des aides sociales contre lesquelles il abandonne sa citoyenneté”. D’après Nacer Djabi, l’échec du système algérien s’explique, surtout, par  son incapacité à gérer et mobiliser “des jeunes instruits des villes et des femmes qui réussissent, avec lesquelles il ne sait pas jusqu’à maintenant comment agir”, a-t-il analysé en dernier lieu.