Officiellement, l’Etat algérien est en crise et manque d’argent pour fonctionner et financer les investissements nécessaires au développement du pays. Nos dirigeants imputent cette situation à la chute continue des recettes des hydrocarbures de près de 40% depuis 2016.

A cause de cette situation, l’Algérie peine à financer ses importations et se retrouve menacé par les déficits. Durant les 8 premiers mois de cette année 2017, nos exportations de pétrole et de gaz ont couvert uniquement 76 % de nos importations. Durant cette même période, l’Algérie a exporté pour 23,51 milliards de dollars. Mais elle a importé pour 30,84 milliards de dollars.

Le déficit est bel et bien là et notre pays risque de perdre beaucoup d’argent si les prix du pétrole chutent encore. Mais la crise financière s’explique-t-elle uniquement par cette conjoncture économique ? Non, loin s’en faut. L’Etat Algérien a perdu beaucoup, mais beaucoup d’argent à cause des impôts non recouvrés.

Le montant de ces sommes que notre Trésor Public aurait dû récupérer est tout simplement phénoménal. On parle aujourd’hui d’un chiffre de  12.000 milliards de dinars, soit près de 120 milliards de dollars ! Ce chiffre cité par la Cour des comptes a été confirmé officiellement ce jeudi par le Premier-ministre, Ahmed Ouyahia, lors de son discours prononcé devant les députés du parlement algérien à l’occasion du débat sur le Plan d’Action du Gouvernement.

Pour comprendre la gravité de ces pertes, il suffit juste de préciser que le montant de ces impôts impayés est supérieur à toutes les réserves de change de l`Algérie lesquelles se sont établies à 103 milliards de dollars à fin août 2017 !

Sur les 126 milliards de dollars perdus par notre Etat,  7000 milliards de dinars, soit l’équivalent de 70 milliards de dollars, sont des amendes prononcées par les tribunaux, a révélé encore ce jeudi Ahmed Ouyahia. 1900 milliards de dinars, soit près de 19 milliards de dollars, concernent des arriérés d’impôts d’entreprises dissoutes durant les années 90 et début des années 2000. Il faut savoir à ce propos que les réformes économiques et les ajustements structurels imposés en 1993 par le FMI feront disparaître l’écrasante majorité des entreprises algériennes. Pas moins de 1400 Entreprises publiques locales (EPL) ont été dissoutes, 450 entreprises nationales et régionales (EPE) liquidées et environ 500 autres privatisées. Il ne reste aujourd’hui qu’environ 900 entreprises publiques économiques gravement endettées.

Enfin, 2600 milliards de ces impôts non-recouvrés, soit l’équivalent de 26 milliards de dollars, font encore l’objet de contentieux devant les tribunaux. Si seulement une partie de toutes sommes colossales avaient été récupérés par le Trésor Public, notre pays aurait pu surpasser la crise qui le bouscule aujourd’hui. L’Algérie aurait même trouvé sas grande difficulté des ressources financières pour prendre en charge ses programmes de développement. Il n’y a donc pas que la chute des prix du pétrole qui explique la crise que nous vivons aujourd’hui…