Ce jeudi matin, lors de son discours au parlement où il a répondu aux questions des députés sur le Plan d’action du gouvernement, Ahmed Ouyahia, le Premier-ministre, a révélé des réalités économiques qui font terriblement froid dans le dos. 

Ainsi, le Premier-ministre a reconnu publiquement qu’il ne reste dans les caisses de la Banque d’Algérie que de quoi tenir pendant deux mois dans ce contexte très difficile marqué par la crise financière. En effet, selon les chiffres communiqués par Ouyahia, les fonds dont dispose la Banque centrale jusqu’au 14 septembre en cours ont atteint 360 milliards de dinars, soit l’équivalent de 3,6 milliards de dollars, “à un moment où le pays a besoin de 200 milliards de dinars, soit près de deux milliards de dollars, en moyenne pour la gestion d’un seul mois”, a-t-il confié sur un ton grave et solennel pour expliquer aux députés le degré de gravité de la situation économique en Algérie.

Ahmed Ouyahia a indiqué ainsi que le recours du gouvernement à la planche à billets est devenu donc nécessaire et urgent. Il a minimisé, enfin, les risques de l’inflation de la masse monétaire et l’augmentation excessive des prix des produits de large consommation à cause de la planche à billets. Le Premier ministre s’est montré rassurant sur ce point en affirmant que “la masse monétaire dont dispose le pays n”équivaut pas la valeur des réserves de  change, qui est estimée à 14.700 milliards de dinars”.

De nombreux experts en économie demeurent très sceptiques et tirent la sonnette d’alarme au sujet des dangers de cette option adoptée par le gouvernement. Décidément, Ouyahia va faire cavalier seul en décidant d’imprimer de nouveaux billets de banque pour renflouer les caisses.