Depuis l’arrivée d’Abdelmoumen Ould Kaddour à la tête du top management de l’établissement, Sonatrach prépare sa mue. Secrètement, discrètement, la compagnie nationale d’hydrocarbures minée ces dernières années par les scandales de corruption va faire l’objet d’une nouvelle stratégie de gestion. Un plan a été élaboré en ce sens et porte le nom de « SH2030 ». 
D’ici à 2030, Sonatrach va développer une nouvelle vision pour préparer l’avenir. Une nouvelle dynamique insufflée par la nouvelle direction emmenée par Abdelmoumen Ould Kaddour, 66 ans, ancien patron de BRC de 1994 à 2006. Diplômé du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Abdelmoumen Ould Kaddour rêve de faire de Sonatrach l’équivalent de Total ou BP au cours des quinze prochaines années, une grande société régie par des process inspirés des grandes multinationales, et qui ne se contente plus de faire des forages et puiser du pétrole.
Pour lancer ce plan stratégique, Sonatrach vient de boucler plusieurs projets prometteurs. Il s’agit notamment du lancement des premières opérations d’exportation du gaz brut à partir d’Adrar (sud-ouest de l’Algérie)  et ce grâce au développement de trois complexes gaziers: ceux du Groupement Reggane (GRN) et du Groupement Timimoune (GTIM) à Hassi Barouda, qui ont fait mercredi l’objet d’une visite de travail du patron de Sonatrach, et enfin celui du Groupement Touat Gaz (GTG) à Oued Zine.
Le complexe de Reggane, le plus important des trois, compte produire à partir de décembre 2017 quelque 8,244 millions de mètres cubes par jour et 148 barils quotidiens de condensat. Les travaux de réalisation du centre de traitement de gaz, confiés à Petrofac, ont atteint un taux d’avancement  de plus de 95%. A ce jour, 15 puits sont forés sur champs gazier et trois autres sont en cours de forage. Dans le même temps, Sonatrach s’est efforcée de renforcer et d’améliorer ses relations avec les principales multinationales pétrolières qui opèrent en Algérie.
Mardi dernier, Sonatrach a procédé à la signature d’un accord visant à consolider ses relations avec Anadarko, Cepsa, Eni, Maersk, Pertamina et Talisman, ainsi qu’un partenariat existant sur le gisement qui s’étend sur les blocs 404a, 405a et 406a au sud du pays. Sonatrach, qui emploie plus de 105 000 personnes au travers de ses 88 filiales, compte ainsi effacer l’image d’une compagnie rongée par le népotisme et la bureaucratie.