D’immenses défis attendent l’Algérie entre 2020-2025. Le rajeunissement de la population algérienne va se poursuivre jusqu’à cette date-là et des millions de jeunes algériens auront besoin d’emplois, de logements et d’infrastructures scolaires. L’Algérie doit mobiliser, dés maintenant, les ressources financières nécessaires pour en charge tous ces besoins. 

C’est un rapport du Conseil National économique et social (CNES) sur le développement humain qui tire la sonnette d’alarmes. Et pour cause, il faut savoir que la catégorie des 15-29 ans qui représentait 2,7 millions de personnes en 1966 est passée aujourd’hui à plus de 10 millions en 2015, autrement dit, elle a quadruplé en l’espace de 48 ans. Aussi, le réservoir des 0-14 ans, qui alimente la catégorie des jeunes, pèse aujourd’hui pour plus de 11,5 millions alors qu’elle ne comptait que 5,7 millions de personnes en 1966.

“Afin d’apprécier davantage les évolutions plausibles, et donc le poids potentiel des jeunes dans les années à venir, il convient de signaler que, d’ici 2025, le volume des 15-29 ans est appelé à se  stabiliser, voire légèrement baisser; par contre celui des 0-14 connaîtra encore une augmentation substantielle de 2 millions supplémentaires, ce qui est de nature à préserver le caractère de jeunesse de la population algérienne pour bien des décennies encore”, prévient ainsi le rapport du CNES qui explique clairement le poids des défis de l’avenir.

En effet, cette dynamique démographique que vit l’Algérie s’accompagne par une série de préoccupations auxquelles doivent faire face les autorités. Il résulte des perspectives d’évolution plausible de la population algérienne jeune que l’une des principales préoccupations sera l’accès à l’emploi. “La demande potentielle en postes d’emplois va subir une légère diminution en 2020 pour reprendre sa tendance haussière à partir de 2025”, avertit là encore le CNES selon lequel le volume d’emplois qu’il faudra assurer pour les jeunes de 15-29 ans aux années indiquées se chiffre à plus de 250 000 emplois entre 2020-2025. “Evidemment, cette projection ne tient pas compte de manque de flexibilité du marché du travail, de la population actuellement inactive et de la faible participation économique de la femme ; la prise en compte de ces éléments risque d’augmenter sensiblement la demande sociale sur l’emploi, même à moyen terme”, analyse le CNES pour dire que l’Algérie devra créer beaucoup plus que 250 mille emplois pour permettra à ces jeunes de subvenir à leurs besoins entre 2020-2025.

Et après l’emploi, c’est la demande en logement qui va exploser entre 2020-2025. Cette demande sera “impulsée davantage par l’autonomisation familiale des jeunes qui connaîtra naturellement une cadence beaucoup plus accélérée”, assure le rapport du CNES rédigé par de nombreux experts algériens.

D’ici 2025, l’Algérie aura besoin d’un parc de logements estimé à 10,5 millions, c’est-à-dire
qu’on devrait produire 2,2 millions logements en 10 ans, avec un rythme moyen annuel de livraison de près de 220 000 logements. Avec la baisse des prix du pétrole et les faiblesses structurelles des entreprises nationales du BTP, ce défi est le plus compliqué à relever pour notre pays. L’édification d’une économie forte d’une croissance appréciable est la seule solution nous permettant de mobiliser les ressources financières nécessaires pour bâtir tous ces logements.

Enfin, en 2025, l’Algérie aura plus de 11 millions d’élèves à scolariser dés le primaire. Notre pays devra se doter de plus de 36 mille établissements scolaires alors qu’aujourd’hui nous comptons à peine 26 mille établissements. C’est dire enfin que nos dirigeants doivent améliorer en urgence leur gouvernance.