La crise économique et financière qui paralyse petit à petit notre pays depuis 2016 est au coeur des préoccupations des Algériens. Ces derniers assistent ébahis à la nouvelle feuille de route du gouvernement d’Ahmed Ouyahia qui va prendre des risques dangereux en recourant à la planche à billets. 

Une option qui pourrait porter un grave préjudice au pouvoir d’achat des Algériens en le confrontant à une poussée inflationniste, à savoir une augmentation générale et excessive des prix des produits de large consommation. Mais y-a-t-il d’autres options envisageables pour une sortie de crise ? Ces derniers jours, c’est Chakib Khelil, l’ancien ministre controversé, qui s’illustre par son “militantisme” sur les réseaux sociaux en faveur d’un autre programme économique entièrement différent de celui que prône Ahmed Ouyahia.

Mais que propose concrètement Chakib Khelil ? L’ancien patron controversé du secteur pétrolier en Algérie estime qu’il est nécessaire “d’attirer des investisseurs externes qui restent la seule solution pour engager la diversification de notre économie”, a-t-il estimé dans ses diverses vidéos publiées sur sa page Facebook. “Sinon à moyen terme nous ferons face à la question de l’endettement externe si les prix du pétrole se maintiennent à leur niveau actuel et si de nouveaux investisseurs étrangers ne viennent pas”, a-t-il prévenu récemment dans une interview accordée à un site spécialisé.

Chakib Khelil contredit radicalement le recours à la planche à billets prôné par Ahmed Ouyahia. Selon l’ex-ministre, et ancien haut cadre de la Banque Mondiale durant les années 80, “le financement non conventionnel  créera de l’inflation avec une mise sur le marché d’une plus grande quantité de DA et quelle que soit son utilisation il sera accompagnée par une dévaluation de facto du DA sur le marché des changes”.

Chakib Khelil explique donc clairement que le gouvernement d’Ouyahia va commettre une erreur fatale et dangereuse pour l’avenir de notre pays. L’ex-Président de l’OPEP en 2001 et 2008 conseille à l’actuel gouvernement d’abandonner l’option de la planche à billets et de s’occuper plutôt de la “rationalisation des subventions”. Cette solution dégagera, d’après lui, “des ressources financières pour l’Etat et contribuera à encourager des investissements” dans plusieurs secteurs.

Mais les Algériens sont-ils prêts à accepter la fin des subventions du pain, du carburant et de l’électricité ? Pour Chakib Khelil, “le programme de rationalisation des subventions n’est pas facile à mettre en place mais demandera qu’il soit expliqué largement pour qu’il soit crédible et applicable sur le terrain”. Ahmed Ouyahia va-t-il écouter enfin les conseils de celui qui fut le stratège de la politique énergétique algérienne entre 1999 et 2010 ?