A la veille de la présentation du plan d’action de son gouvernement, Ahmed Ouyahia adresse ses instructions aux députés et sénateurs de son parti. Le secrétaire général du RND y critique, notamment, le précédent gouvernement  et promet de faire le distinguo entre des “hommes d’affaires” et “les partisans de l’argent sale”.

 

Dans ce document de 8 pages obtenu par la rédaction d’Algériepart, Ahmed Ouyahia entend donner aux parlementaires de sa formation politique les « éléments de langage ». A commencer par les arguments à présenter face aux critiques de l’opposition. A titre d’exemple, l’actuel Premier ministre rappelle que le recours « au financement direct de la banque centrale » a été expérimenté en Europe et aux Etats-Unis après la crise financière de 2008. Plus que cela, Ouyahia précise que la banque centrale américaine prête toujours au Trésor américain 60 milliards de dollars chaque mois. Plus que cela, des pays comme l’Italie ou l’Allemagne ont une dette interne qui dépasse les 120% pour le premier pays et 60% pour le second.

Sur le plan politique, le secrétaire général du RND rappelle que « ce n’est pas une déviance, mais c’est l’ancien gouvernement qui a déraillé », en faisant allusion aux pratiques de Abdelmadjid Tebboune. Même lorsqu’il s’agit d’évoquer la séparation de l’argent de la politique, Ouyahia rappelle que son parti a été le premier à dénoncer la présence de la mafia dans « les hautes sphères de l’Etat ». Mais il invite ses parlementaires à faire la distinction entre « les détenteurs de l’économie informelle » et « les sociétés qui activent sur la scène et qui emploient des milliers de citoyens ».

Sur le plan purement technique, Ahmed Ouyahia demande à ses députés et sénateurs d’intervenir massivement. « Pas moins de 50 députés et 30 sénateurs », précise-t-il tout en demandant que l’essentiel des interventions soit consacré aux problèmes locaux des citoyens.