Le service des œuvres sociales du port d’Oran avait décidé d’offrir une Omra et un pèlerinage à la Mecque pour l’ensemble des employés ou leurs veuves ayant travaillé au port d’Oran entre le 05/07/1962 et le 31/12/2000.

 

La commission des œuvres sociales du port d’Oran, que gèrent les responsables syndicaux, est à la tête d’un pactole qui représente 2% de la masse salariale annuelle de l’entreprise. Le Conseil de Participation a sollicité à trois reprises le PDG BOUTOUIL Mohamed pour des prêts ayant totalisé la somme de 90 Millions de DA afin de mener cette opération dont le montant avait atteint le 120 Millions de DA.

Une lettre anonyme émanant des travailleurs du port avait alors été transmise à la gendarmerie d’Oran, qui détaillait un ensemble de malversations qui auraient entouré cette affaire et dont l’instigateur principal serait le président des œuvres sociales Mr BELOUZA Sid Ahmed. Dans cette missive, les auteurs relevaient le fait que le choix des trois agences de voyages sélectionnées (Agence Tessala – Agence Oran Voyages et l’Agence voyage et tourisme Tazghit) s’est fait sans passer par la procédure d’appel d’offres alors que le budget total dépassait les 12 Milliards de centimes.

Des paiements en espèces 

Dans cette même lettre, il est mentionné que Mr BELOUZA aurait gratuitement bénéficié lui-même, sa famille et ses amis, suite à un accord avec l’agence Tazghit, d’un voyage vers la direction de son choix à chaque fois que le nombre de personnes allant aux Lieux Saints de l’Islam atteignait 30 personnes ! Cette dernière agence ne disposerait pas d’agrément et aurait fait transiter les pèlerins par une autre agence tunisienne ce qui suppose un paiement en devises acquis au marché noir…

Les paiements se faisaient en espèce sans aucun accord ou conventions avec ces agences ce qui serait illégal et constituerait une infraction à la loi sur les marchés publiques, qui n’a pas été relevée par les services de comptabilité ou de commissariat aux comptes…

‘’Aucune étude n’avait été menée ni aucun budget précis arrêté’’ nous a affirmé une source interne que nous avons contacté. En fait, l’astuce qu’avait trouvée Mr BELOUZA Sid Ahmed pour contourner la loi, était de doter chaque prétendant au voyage un montant de 150.000 DA à travers un chèque à retirer personnellement au niveau de la banque, montant qu’il se faisait restituer en espèces par la suite pour le remettre à sa guise aux agences choisies.

Drôle de façon de gérer l’argent public 

Nous avons pu avoir des copies de bordereaux de versements avec cachet des agences ayant perçus ces espèces. Une drôle de façon de gérer l’argent public ! Le 13/01/2017, une enquête est ouverte et une perquisition a eu lieu au sein des services administratifs du port d’Oran. Pris de panique, la direction du port d’Oran et du syndicat ont entamé une série d‘actions pour nettoyer les documents compromettants qui permettraient aux enquêteurs de remonter jusqu’aux principaux responsables.

Ces mêmes responsables ont voulu écarter les cadres qui ont manifesté un rejet de cette pratique mafieuse, mal leur en a pris, ils ont tous été mutés dans des services avec des tâches subalternes et une méfiance qui leur faisait interdire les accès à tous les documents de l’entreprise. Le 22 Juin 2017 une plainte est déposée par Mr BILEL Abdelwahab auprès du procureur général dénonçant avec une extrême gravité la gestion de l’opération Omra et Hadj et le traitement qu’il a subi par ses responsables, Mr BELOUZA Sid-Ahmed, Mr SEDAIRIA Samir, YEDJOUR Toufik, Mr MOHAMMEDI El-Houari et contre l’entreprise du port d’Oran.

 

Ce cadre responsable du service comptabilité et finances au niveau de la société du port d’Oran depuis le 19/12/2012, ex directeur d’agence bancaire au CPA, a été victime d’une rétrogradation de la part de Mr BELOUZA.

Cela a été suivie d’une mutation vers un service pour lequel il n’avait aucune compétence, après qu’il ait refusé de continuer de transporter des sommes d’argent en liquide dans des sacs, sans protection et de manière secrète, vers les agences de voyages précitées, comme le lui demandait Mr BELOUZA.

Alors qu’il avait eu gain de cause légal dans un jugement définitif rendu par la justice pour retrouver sa position et son grade, ses responsables n’ont accédé à sa demande que le 17/01/2016 avec la parution d’un article de journal indiquant qu’une enquête était menée par la gendarmerie nationale sur les œuvres sociales du port d’Oran. Mais les brimades et les restrictions dont Mr BILEL a fait l’objet dans son travail et dans l’accès à des documents de travail n’ont pas cessé de la part de ses responsables directs, et elles ont eu raison de sa santé.

 

Cette affaire aurait été étouffée, selon notre source, pour services rendus suite à l’organisation réussie en soutien du front Polisario par le syndicat du port durant la fête du premier Mai 2016, en présence d’une délégation importante du gouvernement, constituée du responsable des ports au niveau du Ministère du transport, Mr BOUSHAKI à Alger et présidée par Mr SIDI SAID, président de l’UGTA.

Pourquoi toutes les affaires déposées à la justice et ayant trait au port d’Oran sont-elles presque toutes systématiquement étouffées ? Qui a le pouvoir ainsi d’influencer le cours des enquêtes et de freiner l’action de la Justice ? Qu’attendent les responsables de tutelle pour envoyer une inspection d’Alger pour mener toutes ces enquêtes à bien ?

Il est à souligner enfin que, d’après nos sources, les différentes plaintes déposées à l’encontre du port d’oran ont été transmises à la brigade économique et financière dépendant de la Direction de la Police Judiciaire d’Oran le 07/08/2017 sous le N° 001942/17 et le 18/6/17 sous le N° 90343/16, mais sans résultat à l’heure actuelle selon les mêmes sources.