C’est une révélation qui en dit long sur les relations entretenues par Abdelaziz Bouteflika avec l’institution militaire et les généraux algériens. Une correspondance confidentielle adressée le 31 janvier 2012 par l’ambassadeur du Maroc à Alger, Abdallah Belkeziz, à un conseiller du roi Mohamed 6, rapporte des détails croustillants sur des informations communiquées au Maroc par l’ex-ambassadrice américaine à Alger, Joan Polaschik. 

 

La diplomate américaine a révélé que les Etats-Unis rencontrent un sérieux problème avec l’Algérie depuis 2007 en matière de coopération sécuritaire. Et pour cause, les autorités algériennes n’ont pas accepté que les hauts gradés de l’armée américaine travaillent directement avec les hauts gradés de l’armée algérienne. D’après Joan Polaschik, les autorités algériennes souhaitent situer les rapports et les échanges “au niveau du pouvoir civil”. Entre 2007 et 2012, Abdelaziz Bouteflika n’avait pas accepté que les militaires américains entretiennent des rapports directs avec les généraux de l’armée algérienne et des autres appareils sécuritaires comme l’ex-DRS du général Toufik.

Cette orientation politique qui déplaisait à la diplomatie américaine renseigne, en réalité, sur la méfiance que développait le Président Bouteflika vis-à-vis des institutions militaires. Il avait tout orchestré pour s’imposer comme le seul interlocuteur de la Première Puissance Mondiale en matière de sécurité. Abdelaziz Bouteflika ne faisait donc aucune confiance aux généraux de l’armée algérienne et des services de renseignement. Il avait certainement peur que des relations directes avec les autorités américaines mettent en danger sa propre survie à la tête du pouvoir.

Quelques-années plus tard, en dépit de sa grave maladie, Bouteflika réussira à démanteler l’appareil du DRS du général Toufik et mettra à la retraite de nombreux généraux réputés naguère pour leur influence et implication dans la décision politique.