INNOMEDIA se définit sur son site internet comme une agence de communication spécialisée dans l’affichage urbain. 

Cette Eurl, détenue par le neveu du président Abdelaziz Bouteflika : Mohamed Karim Benmansour, compte déjà des références prestigieuses telles que : Mobilis, Ooredoo, Djezzy, Petroser, Safina, Algérie Télécom, AXA, Chery, Danone, Coca cola, Henkel, Condor. Ce trentenaire, fils de la sœur du président, a pu avec une facilité jugée “déconcertante” par ses concurrents et détracteurs ‘’obtenir les meilleurs emplacements dans près de 18 wilayas en Algérie’’, accusent-ils.

Benhamadi, Mazouz, Othmani, Metidji et plusieurs hommes d’affaires ont jeté leur dévolu sur les panneaux d’INNOMEDIA. Mais l’Eurl que gère Ahmed Karim Benmansour a  suscité une véritable controverse lorsqu’elle réussit à lever un important prêt bancaire. Selon certaines sources, ce prêt a été évalué à 150 Millions de DA d’une banque publique et ce après quelques années d’existence et un capital de 100.000 DA ! Certaines sources affirment qu’au mois de Mai 2017, Il a été procédé à une augmentation de capital de l’Eurl INNOMEDIA, passant de 100.000 DA à 10.000.000 de DA. Comment une société qui avait à peine 5 années d’existence et 100.000 DA de capital aurait-elle pu obtenir un prêt de 15 Milliards de centimes ?

Algériepart a contacté INNOMEDIA pour vérifier toutes ces accusations. Une source proche de la direction d’INNOMEDIA a nié catégoriquement ces information et nous a dévoilés des documents et révélés les tenants et aboutissants de ce prêt bancaire d’investissement remboursable sur une période de 10 ans. D’abord, selon les données communiquées par cette source, ce prêt bancaire a été contracté au niveau d’une agence bancaire de la Banque Extérieur d’Algérie (BEA). Le montant demandé n’a jamais été fixé à 150 millions de Da. “Nous avons demandé 120 millions Da et la banque a fini par nous octroyer uniquement 70 % de cette somme, à savoir 98 millions de Da”, certifie la même source qui dément avoir bénéficié d’un quelconque favoritisme.

“Le dossier a été présenté en mars 2016 et le prêt n’a été accordé qu’au mois de décembre 2016. Nous sommes passés par 6 à 8 mois de procédures. La banque nous a exigés énormément de documents. Alors comment avons-nous été avantagés ?”, s’interroge notre source selon laquelle INNOMEDIA a respecté toutes les exigences de la BEA y compris l’augmentation du capital. “A partir de mai 2016, nous sommes passés de  100.000 DA à 10.000.000 de DA pour respecter les conditions de la Banque. Nous avons également mis en avant l’importance de nos fonds propres ainsi que les évolutions prometteuses du marché et notre dossier a été convenablement présenté”, explique notre source.

Celle-ci nous apprend enfin qu’INNOMEDIA a exploité jusqu’à aujourd’hui seulement 30 millions de Da de ce prêt bancaire. Selon les données recueillies par nos soins auprès de cette source au sein de la direction d’INNOMEDIA, Karim Benmansour n’est guère le leader du marché de l’affichage en Algérie. Il compte à son actif uniquement 500 panneaux d’affichage répartis à travers le territoire national alors que le leader du secteur, AD Display, gère pas moins de 3000 panneaux publicitaires.

Algériepart publiera bientôt une enquête sur les dessous du secteur de l’affichage urbain en Algérie et vous révélera certaines pratiques qui minent dangereusement cette activité laquelle reste encore méconnue de la grande majorité des Algériens.