Cette révélation est un véritable pavé dans la marre. Des documents diplomatiques marocains confidentiels ont fuité sur internet. Certains de ces documents proviennent de l’ambassade du Maroc à Alger. Et dans une correspondance datant du 31 janvier 2012, Abdallah Belkeziz, à l’époque l’ambassadeur du Maroc en Algérie, explique à un conseiller du roi Mohamed 6 comment l’ambassadrice des Etats-Uns lui avait fourni des informations censées être confidentielles sur l’Etat algérien. 

En effet, dans cette correspondance que nous avons obtenu de la part du site Maroc Leaks, l’ambassadeur marocain relate comment l’ex-ambassadrice des Etats-Unis à Alger,  Joan Polaschik, lui avait raconté certains dessous de la politique algérienne. Ainsi, à son retour d’une visite à Tamanrasset, la diplomate américaine a révélé à l’ambassadeur marocain qu’il avait reçu à son ambassade que dans cette partie du sud de l’Algérie, tous les partis politiques “se considèrent comme les alliés du pouvoir”.

 

A cette époque, l’Algérie s’apprêtait à organiser les élections législatives de mai 2012. Joan Polaschik avait expliqué également au diplomate marocain qu’à Tamanrasset, les habitants se réfèrent au droit coutumier dans la gestion de leurs affaires. L’Etat algérien aurait donc aucune influence sur la gouvernance locale !

L’ambassadrice américaine est allée jusqu’à révéler le contenu de ses discussions avec le wali d’Ouargla. Elle lui avait confié comment ce haut commis de l’Etat algérien avait interdit aux élus de la région de rencontrer la représentante des Etat-Unis d’Amérique. Joan Polaschik avait promis enfin à l’ambassadeur marocain que les Etats-Unis exerceraient toute leur influence sur l’Algérie pour intégrer le Maroc au Comité d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC) qui regroupes les chefs d’état-major de l’Algérie, de la Mauritanie, du Niger et du Mali. L’Algérie s’était toujours opposé à la participation du Maroc aux travaux du CEMOC au regard des positions marocaines suspectes concernant le conflit du Nord du Mali.