C’est officiel. L’Algérie recourt à la planche à billets pour faire face à la crise financière. En clair, la Banque Centrale algérienne va fabriquer une nouvelle quantité de billets de banque pour la prêter au Trésor Public qui manque cruellement de ressources financières en ces temps de crise. 

C’est ce qu’on appelle le “financement non-conventionnel” approuvé ce mercredi par le Conseil des Ministres. Le communiqué officiel ponctuant les travaux du Conseil des Ministres explique que cette nouvelle politique monétaire sera mise en oeuvre, à titre exceptionnel, “pour une période transitoire de cinq (5) ans”. Que vise le gouvernement ? A travers la création d’une nouvelle masse monétaire, à savoir la mise en circulation d’une autre quantité de billets de banque, il veut permettre au Trésor public d’emprunter directement auprès de la Banque d’Algérie pour faire face au déficit budgétaire, convertir certaines de ses dettes contractées auprès des banques ou d’entreprises publiques, et alimenter le Fonds national de l’investissement de sorte qu’il puisse concourir au développement économique.

Mais est-ce réellement une bonne chose ? Pas du tout ! Au contraire, la majorité des experts et économistes sont alarmés et crient au scandale. Et pour cause, l’Algérie va en fait fabriquer encore pus d’argent pour financer les salaires, les budgets des ministères et les marchés octroyés à des entreprises publiques ou privées dans l’espoir de faire de la croissance. Sauf que cette croissance sera illusoire parce qu’en échange, l’économie algérienne reste rentière et ne produit guère de la valeur ajoutée qui lui permet d’exporter à l’étranger et d’engranger des recettes pour rembourser ce que la Banque Centrale a prêté au Trésor Public.

Et comme les impôts en Algérie sont encore faibles et ne recouvrent pas suffisamment de sommes pour combler le déficit budgétaire du Trésor Public, la crise financière va encore s’aggraver. Que va-t-il se passer ?

Le dinar va encore perdre davantage de sa valeur et le pouvoir d’achat des Algériens sera réduit significativement. En plus, l’inflation va exploser puisque on va donner encore plus d’argent aux Algériens pour qu’ils consomment. Mais il n’y a aucune production nationale capable de satisfaire leur consommation et cet argent disponible en force et en nombre va alimenter l’augmentation vertigineuse des prix qui risque de provoquer une véritable misère sociale.

En vérité, une telle mesure va tout simplement placer l’Algérie sur le chemin du… Venezuela où la très forte inflation et l’économie rentière rongée par une monnaie faible et dérisoire a donné naissance à… la faillite. En économie, la fabrication de dinars, de monnaie tout court, sans contrepartie productive est une mesure populiste qui peut mettre les finances d’un pays dans le rouge…