De nombreux Algériens ont soif à cause de la pénurie d’eau potable qui sévit dans pas moins de 16 wilayas. Mais que s’est-il passé exactement pour expliquer une telle pénurie d’eau ? 

Selon responsables du secteur hydraulique, la sécheresse n’explique pas à elle-seule toute l’étendue dramatique de ces pénuries enregistrées cet été 2017. A titre d’exemple, si dans le cas de la wilaya de Bordj Bou Arreridj, un important déficit en matière de ressources en eau prive des milliers de foyers d’eau potable, dans la wilaya de Biskra, c’est le piquage d’eau potable au niveau des palmeraies qui est pointé du doigt pour expliquer l’absence de l’eau dans les robinets.

Il faut dire que nombreux responsables ont tiré la sonnette d’alarme avant-même l’enclenchement de la sécheresse. A cet égard, le directeur générale de l’Algérienne des eaux (ADE), Hocine Zaier, a soutenu que “l’eau est une affaire de tous et non uniquement celle du distributeur ou de l’exploitant”. A ce propos, il a indiqué que le “vol de l’eau” est le problème numéro 1  en Algérie. “50%  de l’eau est détourné à autres usages que celui des personnes”, a t-il alerté.  “Nos agents sont agressés lorsqu’ils interviennent pour mettre fin au piquage illicite de l’eau”, a ajouté.

“Aujourd’hui et demain il y aura des perturbations en matière d’alimentation en eau et des casses, mais l’ADE prend l’engagement d’assurer une bonne maîtrise de la distribution”, a t-il dit. Pour ce responsable, la réparation des casses et autres opérations nécessitent des moyens financiers.

Mais ces moyens ne combleront pas le vide laissé par la faiblesse de la pluviométrie. Preuve en est, le directeur de l’agence national de remplissage des barrages,  Berrak Arezki, a indiqué que le taux de remplissage est uniquement de 50,3%. Et pour que les barrages se remplissent, il faut qu’il pleuve…

Pour l’heure, la seule solution que les autorités algériennes ont identifié est celle consistant dans le transfert des eaux entre barrages afin de créer équilibre espéré entre les wilayas. A ce sujet, le ministre des ressources en eau a ajouté qu’outre les moyens disponibles  actuellement, plusieurs projets sont en cours de réalisation en plus de la mobilisation des stations de dessalement et les stations de traitement des eaux usées. Les Algériens croisent les doigts et espèrent que cette pénurie ne sera qu’un mauvais souvenir…