Un rapport de plus de 200 pages consacrés aux relations de France avec la région Afrique du Nord et Moyen-Orient a abordé la délicate question de la succession d’Abdelaziz Bouteflika qui alimente toutes les controverses politiques en Algérie. 

Réalisé par l’Institut Montaigne, un think tank français qui regroupe des cadres d’entreprises, de hauts-fonctionnaires, des universitaires et des représentants de la société civile française, ce rapport imagine deux scénarios possibles pour la crise de la succession d’Abdelaziz Bouteflika.

La première possibilité consiste en un affrontement “entre les différents pôles de pouvoir (armée, services de renseignement, cadres du FLN, proches de l’ancien président)”. Ce scénario ne manquera de “déstabiliser durablement le système algérien dans son ensemble“, prévient ce rapport. Ceci dit, d’autres éléments recueillis par les experts de l’Institut Montaigne mènent vers une autre lecture des futurs événements qui seront causés par la disparition d’Abdelaziz Bouteflika.

Le rapport de l’Institut Montaigne note ainsi que cette crise de succession “pourrait aussi être un non-événement” ! Et pour cause, “le pouvoir algérien depuis 1962 a toujours réussi à se succéder à lui-même, malgré les coups d’État (Boumediene contre Ben Bella) et les assassinats (Mohamed Boudiaf)“, analyse le même rapport qui s’éloigne ainsi de certaines lectures dogmatiques que propagent certains cercles de réflexion en France sur l’Algérie.

Quoi qu’il en soit, durant les deux prochaines années, l’actualité politique algérienne va confirmer ou infirmer l’un de ces deux scénarios. Et de nombreux algériens retiennent d’ores et déjà leur souffle.