Acculée par des sorties politiques de plus en plus virulentes, l’armée tente la riposte. Aux appels de certains à une intervention de la « grande muette » pour écarter Abdelaziz Bouteflika du pouvoir, l’ANP a répondu par un discours du chef d’Etat-major. Ahmed Gaïd Salah a, en effet affirmé, la semaine dernière, que l’armée s’en tient à ses « fonctions constitutionnelles ».

De nouveau interpellée, l’armée choisit la voix « off » pour répliquer. A une longue contribution de l’ancien ministre, Nouredine Boukrouh, qui a qualifié l’armée algérienne de « armée du président de la République », le Ministère de la Défense nationale a délégué un des proches du vice-ministre de la Défense pour « répondre ». Ainsi, le journal El Bilad a publié, sur son site Internet, des déclarations d’un officier supérieur présenté comme « très proche » de Ahmed Gaïd Salah. Cet officier, qui a agi sous le sceau de l’anonymat, assume en effet l’allégeance au chef de l’Etat. « Oui, l’armée algérienne est sous le commandement de son Excellence le président de la République, chef suprême des Forces armées ». L’officier renvoie d’ailleurs aux dernières sorties du chef de l’Etat où il a rendu hommage aux militaires.

Plus que cela, l’homme « très proche » de Gaïd Salah, rappelle que « l’armée » ne se « mêlera » pas du jeu politique. Une déclaration qui va dans le sens du discours prononcé la semaine dernière par Ahmed Gaïd Salah à Constantine.

Avant cette réponse, le journaliste et militant politique, H’mida Layachi, a adressé publiquement une lettre au chef d’Etat-Major de l’armée. «Nous ne vous demandons pas d’opérer un coup d’Etat. Mais évitez, au moins, l’effondrement de l’Etat ». Un message qui résume toute la difficulté face à laquelle est soumise l’institution militaire.