Il y a quelques semaines, des enquêteurs dépendant de la police Judiciaire à Alger ont mis à jour un trafic dans une affaire d’importation de produits informatiques.

La société qui commercialise des micro-ordinateurs et dont le siège est situé à Kouba à Alger est gérée par une personne, aux initiales de R.M, laquelle existe depuis plus de vingt ans dans ce secteur.

Les investigations de l’équipe de de la Police Judiciaire (PJ) a permis de constater que cette personne avait plusieurs entreprises sous forme presque exclusivement d’EURL. Ces entreprises, toutes à la même adresse à la rue des frères Abdeslami à Kouba, étaient exploitées deux ou trois années seulement puis fermées. Seulement, ce ne seraient que les dénominations des entreprises qui changeaient, pas les pratiques selon une source exerçant dans le même domaine.

Il y a quelques semaines, suite à un renseignement, les enquêteurs ont demandé le dossier des produits importés par le même entrepreneur. Il s’agissait selon les factures et divers documents du fournisseur, de produits en kits (parts) destinés au montage de PC en Algérie.

Sous cette déclaration, la marchandise pouvait être dédouanée sans payer les droits et taxes afférents aux produits finis importés ainsi que la redevance ONDA entre autres. Pourtant, les enquêteurs à l’ouverture des cartons en palettes, en présence des douaniers informés pour les besoins de l’enquête, ont découvert un produit fini et prêt à la vente en l’état.

Plusieurs échantillons ont alors été saisis pour expertise, et selon le rapport final de l’enquête, les ordinateurs une fois branchés à l’alimentation électrique et la touche ON enclenchée, auraient démarré… Les vérifications poussées par les policiers de la PJ ont permis également de constater que ces opérations d’importations étaient régulières.

Ce qui est troublant dans cette affaire est que le rapport de visite des douaniers n’a jamais relevé cette fraude et comme nous le savons, la tutelle a approuvé sans vérifier ces faux constats.

Le transitaire également, présent lors des visites en douane, n’a jamais dénoncé une irrégularité entre les produits selon les documents qu’il avait en main et ce qu’il constatait. Il s’exposerait selon le code des douanes à une suspension et risquerait très probablement le retrait définitif de son agrément. Le fournisseur n’est pas en reste puisqu’il aurait également produit des documents avec fausse désignation de produits destinés à l’importation en Algérie (facture, bons de livraisons…)

Les services du contrôle de la conformité des produits importés dépendant du ministère du commerce n’ont visiblement pas joué leur rôle non plus dans vérification de ce dossier.

La douane, lésée dans ce dossier, déposera certainement plainte contre l’importateur et tout le réseau de faussaires pour ces actes frauduleux en faux, usage de faux, fausses déclarations…

Mais le plus insolite dans ce dossier est la pression qu’ont dû subir les enquêteurs, loin de savoir qu’ils avaient touché les intérêts d’une personne qui possédait de très puissants appuis. En effet, l’équipe a été dessaisie du dossier, et celui-ci transféré à un autre service de la PJ d’Alger.

Une partie du personnel aurait été mutée à d’autres services sans explications…

R.M, l’importateur visé par cette enquête était un simple professeur d’informatique à l’université de Houari Boumediene de Bab-Ezzouar, certifient plusieurs sources contactées par Algeriepart.

Qui pourrait être à l’origine de la nouvelle orientation de l’enquête ? Qui donc est si proche de cet importateur indélicat et use de son très grande influence pour freiner une enquête sur de probables fraudes dont les institutions des finances et du trésor publique sont victimes et qui se chiffrent à plusieurs dizaines de Milliards de centimes ?

Au final, à qui profiterait cet avertissement cinglant donné à tous ceux qui poursuivraient les investigations ?  Certainement pas l’Algérie… Une autre affaire à suivre