La société Djezzy, que le président exécutif du conseil d’administration Mr Vincenzo Nesci est manifestement dans l’incapacité de redresser depuis près de deux années, traverse une autre phase délicate qui va encore fragiliser un peu plus l’entreprise.

Il faut rappeler que les agissements de premier responsable de Djezzy ont fait reléguer l’entreprise à la deuxième place du classement des opérateurs de téléphonie mobile en Algérie. Comme nous vous l’avions rapporté dans une de nos récentes éditions, les chiffres d’OTA étant en continuelle baisse, Vincenzo Nesci a contraint les principaux décideurs de la société à agir sur les charges afin de maintenir un pourcentage de marge au-dessus du seuil fatidique des 42.5%.

En effet, ce pourcentage de 42.5% sur les revenus nets consolidés qui doit revenir aux actionnaires, est le minimum imposé par l’accord d’associés que vous pouvez consulter sur ce lien : http://stockproinfo.com/CP/2014/US92719A1060_2014_20140418_US_C-IB.pdf

Au second trimestre 2017, la marge bénéficiaire est passée à 45.1%, ce qui a entraîné un vent de panique dans la direction de Djezzy, contraignant les premiers responsables à faire la chasse aux coûts, quitte à rogner les revenus des employés de l’entreprise . Les dernières décisions qu’a prises Vincenzo Nesci pour maintenir un niveau de rémunération plus que correcte aux actionnaires sont ‘’injustes et de la vraie hogra’’ selon certains employés de Djezzy avec lesquels nous nous sommes entretenus.

En effet, il y a quelques mois, le désormais deuxième opérateur de téléphonie mobile en Algérie, a décidé de changer, sans concertation, les modalités d’attribution des notes d’évaluation des employés. La section syndicale d’OTA, alors fraîchement désignée, a transmis, le 13/04/2017, un écrit à Vincenzo Nesci en sa qualité de PDG d’OTA.

Le conseil syndical y rappelait que, le changement de mode d’évaluation impacterait négativement une partie des primes des employés de Djezzy et porterait atteinte à la confiance vis-à-vis de l’employeur. Au mois de Mai 2017, un E-mail a été transmis aux employés de Djezzy annonçant officiellement et de manière unilatérale, le changement de la période d’évaluation des employés, passant d’annuelle à trimestrielle !

Le 14/05/2017, Sophie VERDEJO, la Directrice Générale Adjointe, chargée de l’administration au sein de Djezzy, a été saisie par le syndicat des employés de Djezzy pour contester cette mesure qui serait contraire à la réglementation en ce sens qu’elle violerait les dispositions du règlement intérieur et la convention collective.

Il nous est difficile de croire que l’article 73 de la convention collective ait pu être ignoré par Sophie Verdejo, juriste de la société OTA, il y est pourtant clairement stipulé que  ‘’le comportement professionnel est évalué périodiquement par l’organisme employeur via une fiche de synthèse annuelle d’évaluation ouverte pour chaque employé’’

Le processus même de l’évaluation, se basant sur les procédures one to one, c’est-à-dire en présence de l’employé et de son responsable N+1 et N+2, n’a pas été respecté, certains employés n’ont même pas pu prendre connaissance de leur note d’évaluation, ou ont constaté dans certains cas qu’elle a été modifiée sans leur aval…

Le 22/05/2017, le comité de participation de Djezzy, présidé par Salah ABROUS, se réunit avec Mr Vincenzo Nesci et fait part du mécontentement des employés de Djezzy concernant la prime de rendement annuel. Le PDG d’OTA avait alors promis qu’il  plaiderait la cause des employés au niveau de VEON, puis revient en réunion le 31/05/2017 pour informer le comité de participation que VEON avait décidé d’annuler la prime de rendement collectif…

Le 23/05/2017, les employés d’OTA se sont décidés à se réunir avec leurs délégués syndicaux et un PV de d’assemblée générale a été adressé à Mme Verdejo le 11/06/2017, listant un ensemble de revendications, dont l’arrêt du processus d’évaluation contraire à la convention collective.

Une copie du PV, a été adressée à la section syndicale de tutelle, mais également à Vincenzo Nesci, Mathieu Galvani, Directeur Général d’OTA. Malgré cela, le 01/06/2017, la direction de Djezzy ignore les revendications de ces employés et des délégués syndicaux et transmets un E-mail ou elle détaille les performances de l’année 2016 et la prime de rendement annuel.

Le 05/06/2017, le syndicat d’entreprise adresse à nouveau au PDG et au DG d’OTA une lettre relevant le non-respect par la direction de Djezzy des termes de la convention collective en son article 66 concernant le calcul de la prime de rendement pour les rangs de managers et au-dessus.

Une plainte a été envoyée à l’inspection du travail territorialement compétente les 06/06/2017 et 19/06/2017, dénonçant les dépassements de l’employeur dans la prise en compte des droits des employés de Djezzy.

Le 11/06/2017 le comité de participation de Djezzy, dans une lettre adressée au PDG et au DG d’OTA, avec copie au FNI et à l’inspection du travail, demande l’application des taux de la prime individuelle et le respect des termes de la convention collective.

Malgré toutes ces revendications, en dépit des sit-in organisés à tous les niveaux de l’entreprise, l’employeur est resté fermé à la discussion, et le 27/07/2017, la section syndicale de Dar El Beida affirme dans un communiqué, que toutes demandes de validations relatives aux nouvelles mesures décidées par Djezzy, concernant le changement des objectifs et de la période d’évaluation, est tout simplement nul.

Les employés d’OTA ont alors envoyé, il y a quelques jours, une plainte individuelle à l’inspection du travail territorialement compétente, pour dénoncer l’irrégularité du calcul de la prime de rendement annuelle.

Le climat délétère qui prévaut a entamé le moral des employés de Djezzy, la confiance dans le management n’a jamais été aussi faible nous affirment nos sources.

Jusqu’à quand les autorités de notre pays vont-elles tolérer que Vincenzo Nesci, Mathieu Galvani et Sophie Verdejo bafouent impunément  les conventions collectives et le règlement, dans l’unique but de faire baisser les revenus des employés de Djezzy et ainsi maintenir un niveau de rémunération plus que correcte aux actionnaires d’OTA?

Cette baisse des primes touche-t-elle le personnel expatrié de Djezzy ? Vincenzo Nesci et ses adjoints directs, qui ont montré leurs limites dans la gestion de Djezzy, doivent-ils être maintenus ? La réponse parait être évidente.