En s’adjugeant le mérite d’offrir en 2016 un jeune cheval (Selle français) d’une valeur de 2 033 000, 00 DA, au Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, par le biais de son représentant Ahmed Ouyahia, les Metidji, une famille richissime dont l’un des fils, M’hamed Zoubir Metidji, est le Président de la Fédération Équestre Algérienne (FEA), étaient loin de se douter que ce cadeau allait tourner au scandale.  

En effet, quelques mois après le prestigieux CSI 3W organisé au sein du prestigieux Club “Haras Hocine El Mansour”, il s’agissait de la 4e édition du tournoi Equestrian Algérian Tour 2016 organisé du 26 au 29 Octobre 2016 à Mostaganem, les langues se sont déliées pour accoucher de certaines vérités concernant le jeune cheval offert au Chef de l’Etat, ses origines ainsi que sont coût. Grande fut la surprise d’une grande partie des membres de la famille équestre lorsqu’ils vont découvrir que “le coût du jeune cheval offert au Président de la République et provenant des écuries Metidji a été, en vérité, payé avec l’argent du contribuable”.

Ces derniers ont été outrés de constater que le premier responsable de l’instance fédérale s’est même permit “d’inscrire le coût du cheval offert dans un chapitre contenu dans le bilan moral et financier de la FEA” comme le démontre ce document interne que nous avons obtenu suite à nos investigations :

 

Cela revient à dire que le premier responsable de la FEA a offert ce cheval sans révéler que celui-ci a été, en réalité, offert par la FEA puisque c’est l’instance fédérale qui s’est acquitté finalement de son prix onéreux.

En vérité, le M’hamed Zoubir Metidji a “vendu un cheval à la FEA, puisque payé par l’instance de cette fédération, mais tout en le détournant de sa destination”, dénoncent des acteurs du sport équestre en Algérie. “Il est révoltant de constater que le Sieur Metidji qui a, dans le passé, dépensé des sommes faramineuses pour la prise en charge des cavaliers, officiels et autres invités étrangers au détriment des cavaliers algériens et des centres équestres qui se meurent,  n’ait pas eu la correction de payer le cheval qu’il a offert  en son nom d’autant plus qu’il  provient de son haras”, confient anonymement des membres de la FEA qui ont accepté de répondre à nos questions.

“Le Président de la FEA ne pouvait-il pas faire honneur au Président de la République en payant lui-même ce cheval ?”, s’interrogent d’autres interlocuteurs du monde équestre algérien.  Il sied de préciser, par ailleurs que durant la cérémonie du CSI à Mostaganem, Fabrice Paris, ami des Metidji et propriétaire d’un haras en Normandie (France), avait affirmé au micro du commentateur de la compétition que « le jeune cheval est né dans mon écurie ». Une autre vérité qui vient contredire les propos de Metidji lequel avait assuré publiquement et devant les officiels que “le jeune cheval de 3 ans offert au premier magistrat du pays est né dans les écuries du Haras Hocine Mansour” appartenant à l’homme d’affaires, Metidiji Hocine Mansour. L’histoire de ce cadeau n’en finit toujours de faire couler beaucoup d’encre au sein de la FEA. Algériepart reviendra sur cette affaire dans ses prochaines publications.

 

Cette enquête a été menée en collaboration avec Djamel Mentouri, premier responsable du journal Filaha Agro News