A quelques jours de sa rencontre avec les « partenaires sociaux », le premier ministre, Ahmed Ouyahia, s’est réuni, ce lundi, avec les dirigeants des banques publiques. Selon plusieurs sources concordantes, les discussions entre le premier ministre et les banquiers ont notamment tourné autour de la meilleure manière qui permettra aux établissements financiers de « financer » les investissements tant publics que privés.

Mais en plus des aspects techniques, cette réunion entre le Premier ministre et les dirigeants des banques porte un sens dans cette période particulière : il n’y aura pas de changement, du moins pas dans l’immédiat, dans ce secteur. Une orientation qui va à l’encontre des intentions de l’ancien Premier ministre qui s’apprêtait à opérer des changements à la tête de plusieurs organismes économiques relevant du secteur public.

Avant cette rencontre, Ahmed Ouyahia s’est réuni, dimanche, avec les principaux ministres économiques de son gouvernement. Il s’agit notamment de l’industrie, des Finances, des Travaux Publics et des Transports et de l’Agriculture. Cette rencontre a pour but de préparer la « Tripartite » de jeudi et de mettre en place les bases de la « déclaration du plan d’action » que le Premier ministre devra présenter devant les parlementaires à la rentrée prochaine.

Selon différentes sources, Ahmed Ouyahia n’opérera aucune révolution. Il va poursuivre a feuille de route appliquée du temps où Abdelmalek Sellal était aux commandes du gouvernement. La seule chose qui changera est sans doute le fait que l’actuel premier ministre va annoncer des mesures encore plus impopulaires à l’occasion de l’élaboration de la Loi de Finances 2018. Il s’agit avant tout de l’augmentation, graduelle mais sensible, des prix des carburants et la suppression de certaines subventions en attendant l’adoption du système des subventions ciblées. Selon nos informations, aucune mesure ne sera appliquée, en revanche, à l’encontre des grosses fortunes. Il n’y aura ni impôt sur la fortune ni une taxe sur les résidences secondaires et logements vides que possèdent les plus nantis.