La chasse contre les Ahmadis, une minorité religieuse en Algérie estimée à quelques milliers de personnes, se poursuit. Une famille de cinq personnes a été arrêtée à Maghnia, dans l’Extrême Ouest du pays, apprend-t-on de sources locales.

Les raisons de cette arrestation ne diffèrent pas des autres actions similaires : les membres de cette famille sont soupçonnés d’appartenir à la pratique ahmadie, que les autorités algériennes considèrent comme une « secte ».

Cette nouvelle affaire relance la polémique sur le sort de cette communauté religieuse. Une véritable chasse aux sorcières a été lancée par les autorités algériennes depuis bien longtemps. Des dizaines d’adeptes de cette religion, qui développent une pratique différente de l’Islam, ont été condamnés à des peines de prison. C’est le cas de certains d’entre eux qui ont récemment écopé de plus de 5 ans de prison.

Après des critiques de la communauté internationale, les autorités algériennes ont fini par montrer une certaine gêne envers cette affaire. Après avoir évoqué des affaires de « prosélytisme » le gouvernement, par le biais du ministre des Affaires religieuses, parle désormais d’affaires de «collecte et de transfert illégal » de fonds envers les responsables ahmadis, établis à Londres.

La traque des Ahmadis est tellement prise au sérieux par la communauté internationale que le dernier rapport du Département d’Etat des Etats-Unis lui consacre de longs passages. Une évocation démontrant que, dans le fond, les autorités algériennes n’ont aucun argument valable qui leur permet de poursuivre cet acharnement contre une communauté, pourtant, connue pour son pacifisme.