C’est un remaniement ministériel surprenant et inattendu. Il s’agit, surtout, d’une énième manœuvre politique entrant dans le cadre de la lutte pour la succession d’Abdelaziz Bouteflika en 2019. 

La première motivation de ce mini-remaniement est l’exclusion des hommes de confiance du chef de l’Etat-Major de l’Armée, Ahmed Gaïd Salah. En effet, le ministre de l’Habitat, Youcef Chorfa, et celui du Commerce, Ahmed Abdelhafid Saci, était ses deux “protégés” au sein du gouvernement présidé par Abdelmadjid Tebboune.

La nomination de l’ancien Wali d’Annaba, Youcef Chorfa, et celui de Tlemcen et d’Adrar, Abdelhafid Saci, était recommandée et réclamée par le vieux général Ahmed Gaïd Salah, a-t-on appris suite à nos investigations. Le patron de l’armée algérienne cherchait à conserver une influence politique sur le gouvernement en plaçant ses hommes dans des secteurs stratégiques. Il faut savoir qu’en Algérie, la composition de chaque nouveau gouvernement obéit à une politique de “quota”. Chaque clan du régime doit être représenté au sein de l’Exécutif pour veiller sur l’équilibre du pouvoir. Le “quota” du patron de l’armée algérienne, à savoir les ministres parrainés par lui,  a toujours été respecté. Or, cette fois, ce mini-remaniement est dirigé essentiellement contre les intérêts d’un clan précis, celui d’Ahmed Gaïd Salah.

Ce repositionnement démontre qu’il y a un véritable schisme au sommet de l’Etat algérien. Il reflète clairement le désaccord qui mine de plus en plus les relations entre Ahmed Gaïd Salah et le clan Présidentiel. Un désaccord qui risque de dégénérer bientôt en une nouvelle guerre de clans.