Plus de 150 médecins spécialistes ont manifesté ce mercredi devant le siège du ministère de la Santé à Alger pour exprimer leur ras-le-bol contre ce qu’ils qualifient de discrimination en raison de leur exclusion des exemptions du service miliaire décidées récemment par le ministère de la Défense nationale. 
En effet, les médecins spécialistes algériens ne figurent pas parmi les bénéficiaires d’une carte de dispense du Service national. Au contraire, ils sont soumis à une double obligation : celle, d’abord, du service civile effectué pendant deux à 4 ans en fonction des wilayas où ils sont affectés et celle du service national de 12 mois au sein d’une infrastructure militaire.
Alors que de nouveaux critères relatifs à la mobilisation et à la démobilisation des détenteurs de diplômes ont été arrêtés par le ministère de la Défense, les médecins spécialistes subissent encore cette contrainte et doivent consacrer des années de leur vie à servir l’armée et la société. Une véritable injustice que dénoncent ces médecins spécialistes lesquels réclament le même traitement accordé aux autres diplômés algériens.
Les protestataires ont réclamé une entrevue avec le ministre pour exposer leurs revendications dans ce dossier.

Ils n’ont pas manqué également de revenir sur le drame qui a secoué la région de Djelfa où une femme enceinte et son bébé sont morts dans des conditions troublantes. Un médecin, le Docteur Ouali, une gynécologue, a été placée en détention à la suite de drame. Ce qui  a scandalisé les médecins spécialistes selon lesquelles cette gynécologue était effectivement absente à l’hôpital de Djelfa après avoir accompli une permanence de 24 heures pendant 10 jours.  
Il s’avère qu’en l’absence de cette médecin, le mari de la défunte a refusé que son épouse soit auscultée par un médecin homme cubain. Le mari a préféré prendre le risque de faire accoucher sa femme  dans le domicile familial. Selon les médecins spécialistes, la mort de la parturiente incombe à son mari qui s’est comporté de manière irresponsable. 
Signalons enfin qu’au lieu de recevoir les médecins protestataires, les responsables du ministère de la Santé ont fait appel aux forces de l’ordre pour les chasser. Au moins deux médecins ont été embarqués par les policiers et conduits au commissariat dit de Cavignac (Alger-centre). Cette répression n’a pas découragé, pour autant, les médecins en colère qui promettent de revenir à la mobilisation dans les jours à venir.