A peine installé dans ses fonctions, Ahmed Ouyahia a rappelé son « allégeance au président de la République » dont il va appliquer « le programme ». Son prédécesseur, Abdelmadjid Tebboune, a lui, souhaité « bonne chance » à Ahmed Ouyahia. Sans plus. C’était lors de la cérémonie de passation des pouvoirs, intervenue mercredi matin au palais du gouvernement.

Mais c’est dans la classe politique que le limogeage de Abdelmadid Tebboune continue de susciter des réactions d’inquiétude. Le Parti des Travailleurs, de Louisa Hanoune, qualifie le remaniement d’étrange. Le parti se pose des questions sur les « conséquences » qu’aura «ce changement sur les décisions salvatrices du gouvernement Tebboune de séparation de l’argent de la politique, d’assainissement de l’économie nationale, de lutte contre l’hémorragie des devises via l’import-import, et les transferts illicites d’apaisement social, de lutte contre la gabegie et la rapine, d’un minimum de justice en matière d’impôts, de recouvrement des biens et des fonds de la collectivité nationale pour faire face à la crise (…) ».

“(…) Quelle est donc la logique de ce système qui sanctionne une démarche qui pouvait réhabiliter les institutions de l’État, souillées et fragilisées par les affaires et la corruption ? », s’interroge encore le parti politique qui rappelle que les décisions prises par Abdelmadjid Tebboune étaient “populaires”.

De son coté, le PLJ (Parti liberté et Justice) de Mohamed Saïd demande à ce que l’opinion publique soit informée des raisons qui ont poussé la présidence à mettre fin aux fonctions de Abdelmadjid Tebboune. « (…) il est du droit de l’opinion publique d’être éclairée sur les raisons de ces perturbations que traverse l’Exécutif pour éviter que les rumeurs constituent une source supplémentaire de déception populaire, de confusion dans la gestion du pays et d’affaiblissement des institutions de l’Etat », écrit cette formation politique dans un communiqué.

Le MPA, de Amara Benyounès, a quant à lui loué l’expérience « dont jouit » Ahmed Ouyahia pour « gérer » la crise que vit le pays.