Les organisateurs du Café littéraire de Béjaïa ne veulent pas baisser les bras. Alors que l’administration de la wilaya leur exige une autorisation pour la tenue, ce jeudi, d’une conférence animée par Saïd Sadi, les organisateurs ont tenu à maintenir le rendez-vous et de ne pas solliciter . Pis encore, ils ont décidé de faire plus que cela : avant le début de la conférence, une manifestation publique aura lieu au centre-ville de Béjaïa pour dénoncer « les autorisations » auxquelles sont soumises les activités culturelles.

A 24 heures du début de cette conférence, la ville de Béjaïa retient son souffle. Et les organisateurs de la manifestation culturelle ont reçu un appui de taille : un député, Braham Bennadji, et un ancien parlementaire et transfuges du RCD, Djamel Ferdjallah, ont publié un communiqué où ils demandent aux autorités de ne pas interdire la manifestation de demain. « Depuis le regrettable épisode d’Aokas, l’opinion publique a jugé le recours à des autorisations, complètement déplacé, eu égard au caractère culturel et pédagogique de ces manifestations », écrivent ces deux responsables politiques.

“Nous appelons les pouvoirs publics à faire preuve d’intelligence et de clairvoyance en s’abstenant de toute action hostile à la liberté de l’activité culturelle pacifique, pour concentrer leurs énergies et moyens, à la prise en charge des difficultés multiformes qui se posent à la population”, indique encore le texte.

En juillet dernier, les autorités ont empêché, par la force, plusieurs rencontres littéraires organisées par un collectif local. Cela a conduit à une répression qui a poussé les autorités à reculer et à autoriser le rendez-vous.