La lutte que se livrent depuis le mois de juin Abdelmadjid Tebboune et les hommes d’affaires a fini par emporter la tête de du Premier ministre. Ahmed Ouyahia a été nommé, ce mardi, comme Premier ministre à la place d’un Abdelmadjid Tebboune qui n’a rien vu venir.

Le communiqué de la présidence de la République a été rendu public vers 14 heures. Une décision qui a surpris plus d’un. Puisque quelques heures avant l’annonce de son limogeage, Abdelmadjid Tebboune était dans son bureau. Il n’était même pas au courant de la décision. Mais visiblement, la présidence de la République a déjà préparé la décision il y a de cela plusieurs jours. Mais les responsables ont préféré attendre que Tebboune rentre de ses vacances pour annoncer publiquement cette décision.

Le limogeage de Abdelmadjid Tebboune est une suite logique des luttes médiatiques que se livraient l’ancien premier ministre et les hommes d’affaires proches de la présidence de la République. La tension entre les deux parties était telle qu’un divorce est devenu, dès lors, inévitable. Une séparation est devenue presque incontournable depuis que le conflit entre la présidence et Tebboune est devenu public.

Il reste maintenant à savoir que fera Ahmed Ouyahia et quelle équipe composera son cabinet. Car, il devra refaire à zéro tout ce qu’a entamé son prédécesseur. Il a se présenter devant les députés pour la lecture de son plan d’action. Il devra préparer la Tripartite de septembre et surtout la nouvelle loi de Finances et les élections locales de novembre. Tout un chantier !

Sur le plan politique, des observateurs expliquent que Ahmed Ouyahia a la lourde tâche de préparer la succession à Abdelaziz Bouteflika en 2019. Cela, bien sûr, dans le cas où le chef de l’Etat décide de solliciter un cinquième mandat. Mais l’élection présidentielle qui aura lieu dans un an et demie est encore lointaine, en vue notamment de l’Etat de santé de Bouteflika. D’ici là, tout est donc possible. Va-t-il être le successeur ?