Ahmed Ouyahia est de retour. L’incontournable Ouyahia confirme une nouvelle fois qu’il est le poids lourd de la scène politique algérienne. Premier-Ministre pour la énième fois, cette fois-ci, il s’impose dans un contexte politique très particulier. Explications. 

Comme il a été révélé par Algériepart, Ahmed Ouyahia était à la tête de la short-liste des remplaçants de Tebboune. Dans cette liste, il y avait aussi Nourredine Bedoui, ministre de l’Intérieur, Tayeb Louh, de la justice et Tayeb Belaïz, l’ex-ministre de l’Intérieur et conseiller à la Présidence de la République. De toutes ces personnes, c’est Ouyahia qui a convaincu les Bouteflika et leur entourage. En dépit de la méfiance qui caractérise ses relations avec Saïd Bouteflika, le frère influent du Président a fini par comprendre que l’ancien chef de cabinet du Palais d’El-Mouradia est le véritable homme de la situation.

Pour quelles raisons ? D’abord, Ouyahia est le plus expérimenté de tous les autres candidats placés sur la short-liste. Il connaît très bien les rouages de l’Etat et maîtrise parfaitement les codes secrets du régime algérien. Il dispose, ensuite, grâce à son long parcours, de très forts relais au sein de l’administration algérienne. De nombreux cadres de l’Etat ont travaillé avec lui et le connaissent personnellement.

L’autre avantage qui distingue Ouyahia de ses concurrents est ses relations avec les chancelleries occidentales. Ahmed Ouyahia est connu pour entretenir des relations solides avec les diplomates français, américains et occidentaux en général. En cette période de crise  financière où l’Algérie a besoin de soutiens à l’étranger, c’est un atout incontournable.

Mais sur le front intérieur, Ahmed Ouyahia a une carte que très peu de politiciens algériens peuvent prétendre l’avoir : il jouit d’une très bonne réputation auprès de l’institution militaire et des services de renseignement. Contrairement à Abdelaziz Belkhadem ou Amara Saâdani, au cours de ses années d’exercice du pouvoir, Ahmed Ouyahia a tissé d’excellentes relations avec les dignitaires militaires et les divers hauts gradés du DRS. Cette posture lui permet de trouver un consensus dans les dossiers politiques les plus délicats et les plus controversés. Et le consensus est, aujourd’hui, la valeur la plus recherchée par des Bouteflika plus que jamais inquiétés par les soubresauts économiques de l’Algérie.