Un énorme malaise règne en ce moment au sein de la Protection Civile Algérienne. Algériepart a obtenu des documents exclusifs qui résument la colère de plusieurs pilotes du groupement aérien de la protection civile algérienne.

Une colère qui s’explique par des dysfonctionnements dangereux au sein de cette unité à laquelle revient la mission de lutter contre les feux de forêt qui ravagent en ce moment de nombreuses régions à travers le pays.

Mis en place à la fin de l’année 2016, ce groupement aérien dirige les opérations de sauvetage et de lutte contre les grandes catastrophes. Pour ce faire, ce corps a été équipé de six hélicoptères de dernière génération, dotés d’un appareillage nécessaire pour les différentes missions opérationnelles comme les incendies, séisme et d’autres catastrophes.

Malheureusement, force est de constater, dénoncent les documents en notre possession, que le très mauvais état des appareils dont disposent les pilotes de la Protection Civile algérienne met sérieusement en péril le dispositif de lutte contre les feux de forêt.

Et pour cause, des problèmes techniques ont été constatés par les pilotes de la protection civile qui dénoncent également des manquements graves à la réglementation de l’aviation civile algérienne. Certains appareils n’ont pas fait de vol depuis 30 mois et d’autres n’ont pas été ausculté pour vérifier leur bon état depuis 3 ans. Dans ces documents, des pilotes révèlent également l’expiration des certificats de navigabilité. Ce qui constitue une dérive dangereuse qui pourrait mettre en danger la vie de ces pilotes chargés d’assurer des interventions délicates lors des catastrophes naturelles.

Ces pilotes ont adressé officiellement des correspondances au ministère de l’Intérieur pour demander la mise en place d’une enquête qui permettra de tirer au clair la gestion de cette unité aérienne dont notre pays a cruellement besoin ces jours-ci. En effet, plus de 150 incendies ont été enregistrés rien qu’au cours des dernières 24 heures dans plusieurs wilayas du pays.

1.028 incendies ont été enregistrés entre le 1er et le 26 juin, ayant entraîné la perte de 2.423 hectares de la surface forestière, 2.682 hectares de brousse, 1.347 hectares de récoltes agricoles et 118.449 arbres fruitiers. Combien de ces dégâts auraient pu être évités si l’unité aérienne de notre Protection Civile pouvait fonctionner dans les conditions idoines…