Très peu d’Algériens le savent. Ces dernières années, l’Union Européenne a accordé des millions d’euros à l’Etat Algérien pour l’assister dans plusieurs programmes de développement. Il s’agit de sommes colossales dont nous n’avons jamais su comment elles ont été utilisées par nos dirigeants.

L’Europe a donné beaucoup d’argent à l’Algérie.  Et un récent rapport du sénat française apporte des éclairages importants sur cette question. En effet, le rapport rédigé par le sénateur français  Simon SUTOUR, fait au nom de la commission des affaires européennes, dresse un état des lieux complet des financements européens accordés à l’Algérie.

“L’Algérie bénéficie de financements spécifiques de la part de l’Union européenne dans le cadre de l’accord d’association. Avant l’entrée en vigueur de l’accord, les programmes de coopération mis en place entre 1995 et 2006 ont ainsi été subventionnés à hauteur de 500 millions d’euros par l’Union européenne (crédits MEDA I et II)”, explique ainsi ce rapport selon lequel “l’Algérie a, en outre, bénéficié de prêts de la Banque européenne d’investissement dont le montant dépasse 2,2 milliards d’euros”.

 

Voici un extrait de ce rapport du sénat français qui revient en détails sur tous les budgets qui ont été touchés par notre Etat.

“Le programme indicatif national (PIN), qui couvre la période 2007-2010, se traduit par un
engagement financier de l’Union européenne d’un montant de 184 millions d’euros. Le PIN 2011-2013 a, quant à lui, été doté de 172 millions d’euros. Il était concentré sur deux priorités : soutien à la croissance économique et à l’emploi, d’un côté, et actions en faveur du développement durable et culture, de l’autre. 10 millions d’euros supplémentaires ont été accordés à l’Algérie en 2011 dans le cadre du programme SPRING lancé par la Commission européenne en septembre 2011, quelques mois après le « Printemps arabe ». Ce nouveau fonds de soutien au partenariat, à la réforme et à la croissance inclusive, doté de 350 millions d’euros, était destiné à répondre aux défis socio–économiques urgents auxquels devaient faire face les pays de la rive Sud de la Méditerranée et permettre
l’accompagnement du processus de transition démocratique.

Les financements s’effectuaient sur la base d’une évaluation des avancées du pays en matière démocratique, selon le principe « More for more ». Plus un pays est engagé sur la voie de la modernisation politique et institutionnelle, plus le financement est important.
Les crédits accordés à la coopération avec l’Algérie pour la période 2014-2020 sont compris entre 221 et 270 millions d’euros. Le PIN 2014-2017 est doté d’une somme comprise entre 120 et 148 millions d’euros, selon la répartition suivante :
– réforme du marché du travail et création d’emplois : 30 % ;
– soutien à la diversification de l’économie : 30 % ;
– soutien aux réformes et au renforcement de la participation des
citoyens à la vie publique : 25 % des crédits ;
– action complémentaire en faveur de la société civile : 15 % des
crédits.
Des crédits sont également fléchés vers des projets culturels ou
touristiques. Il en va ainsi de la rénovation de la Casbah d’Alger
– 10 – LE VOLET MÉDITERRANÉEN DE LA POLITIQUE DE VOISINAGE
(8 millions d’euros). Des programmes de formations des archéologues
bénéficient également de concours européens.
Trois conventions de financement ont été signées à l’occasion du
dixième Conseil d’association Union européenne – Algérie du 13 mars
dernier. Elles concernent :
– le soutien à la réforme des finances publiques afin d’améliorer les
conditions d’investissement (10 millions d’euros) ;
– le soutien aux énergies renouvelables pour renforcer l’efficacité
énergétique (10 millions d’euros) ;
– un appui à la mise en œuvre de l’accord d’association (20 millions
d’euros).

La question de l’énergie fait l’objet d’un suivi particulier depuis lamise en place d’un partenariat stratégique énergétique Union européenne-Algérie en septembre 2013. L’Algérie est le troisième fournisseur de gaz de l’Union européenne, derrière la Russie et la
Norvège.

Elle est, à ce titre, considérée par l’Union européenne comme un partenaire stratégique et fiable pour les approvisionnements énergétiques de l’Union européenne non seulement en matière de gaz naturel, dont elle assure les approvisionnements régulièrement et sans interruption y compris durant la guerre civile, mais aussi en matière de pétrole brut. Ce partenariat couvre l’ensemble des sujets d’intérêt commun : hydrocarbures, énergies
renouvelables, efficacité énergétique, réforme du cadre législatif et réglementaire, intégration progressive des marchés de l’énergie, développement des infrastructures d’intérêt commun, transfert de technologie et développement local. Une attention particulière est accordée à la facilitation et à la promotion des investissements européens dans les secteurs du gaz naturel, des énergies renouvelables et de l’efficacité
énergétique en Algérie. Il a débouché, en mai 2015, sur l’institution d’un dialogue à haut niveau annuel réunissant le commissaire européen à l’énergie et le ministre algérien chargé du sujet. L’organisation, en mai 2016, d’un forum euro-algérien des affaires dans l’énergie est venue compléter ce dispositif”.

Ce rapport fournit, ainsi, toutes les données sur tous ces centaines de millions d’euros qui ont été “offerts” à l’Algérie. Mais aucune indication n’a été fournie au sujet de l’utilisation et affectation de cet argent.  Les crédits importants accordés pour la réforme du marché du travail ou de l’administration publique n’ont pas réellement obtenu un retour sur investissement puisque de nombreux obstacles subsistent encore dans ces domaines. En plus, les montants débloqués par l’Union Européenne sont conséquents et dépassent à chaque fois les 100 millions d’euros. Jusqu’à aujourd’hui, aucun dirigeant algérien n’a fourni un bilan concernant la gestion de ces budgets. L’opacité demeure totale.