Une femme est morte. Une autre a accouché dans un embouteillage. La fermeture des routes par des habitants mécontents est devenue tellement fréquente, notamment en Kabylie, que les citoyens commencent à s’en plaindre.

Le drame s’est donc produit jeudi à Tadmaït, à 10 Km à l’ouest de Tizi-Ouzou. Des citoyens, mécontents, ont fermé la route nationale N12, qui relie la ville de Genêts à la capitale. Les protestataires sont tellement déterminés que rien ne les fait reculer. Arrivées à hauteur de la manifestation, une dame de 71 ans rend l’âme. Elle n’a pu être secouru, les éléments de la protection civile n’étant pas capables d’arriver sur place à l’heure.

Quelques temps après, une dame accouche dans la voiture qui devait l’emmener à l’hôpital. Ses contractions, douleurs et cris ne sont entendus par personne. Même pas par ces gens qui ont décidé de régler leur problème avec les autorités tout en compliquant la vie des autres.

La situation se répète presque quotidiennement. Ces images sont très fréquentes. Mais l’arrivée de l’été et les pénuries d’eau potable ont aggravé la situation. Réclamer son droit est de ce qu’il y a de plus normal. Mais provoquer la mort d’autres citoyens est une ligne rouge qui vient d’être franchie.

Les responsables de cette situation sont bien sûr les organisateurs de la manifestation qui, au lieu d’aller s’expliquer directement avec les responsables concernés s’en prennent à tout le monde. Mais l’Etat est autant responsable. Et doublement. D’abord parce que les autorités ne règlent les problèmes des citoyens qu’après l’usage de la violence. Ensuite, parce que les autorités, si promptes à réprimer des conférences littéraires ou politiques, ne prennent même pas la peine de dégager une voie publique bloquée par des citoyens. C’est un ingrédient qui a conduit à une situation criminelle.