Le personnel médical de la wilaya de Djelfa est en colère. Les fonctionnaires de cette région ont organisé, vendredi, un sit-in dans certains établissements de la wilaya pour protester contre les sanctions infligées à leurs collègues suite au décès d’une parturiente qui a été mal prise en charge.

Selon certaines sources locales, les protestataires estiment que l’arrestation de 3 sages-femmes travaillant à Djelfa, Hassi Bahbah et Ain-Ouessara, ainsi que d’un chef de garde et d’un aide-soignant sont « injustes ». les raison évoquées sont notamment liées au fait que les fonctionnaires de la santé de la région n’ont pas suffisamment de moyens pour bien prendre en charge les malades, nombreux, à affluer sur les établissements de santé.

Pour illustrer cette situation, la principale sage-femme incriminée dans l’affaire s’est exprimée dans les colonnes de plusieurs médias. «Selon mes compétences, la défunte ne devait pas accoucher dans la soirée. Je lui avais recommandé d’attendre le matin. Elle est partie », a indiqué Souad Hamira, interrogée par la chaîne privée Numidia TV. La décision de la fonctionnaire, prise en l’absence de la gynécologue, n’a, pourtant, pas empêché le décès de la dame et de son bébé.

« Peut-être qu’elle a eu un coup de sang suite à son renvoi des autres hôpitaux », dit-elle. La sage-femme s’est ensuite attaquée au ministère de la Santé. « Ce n’est pas moi, qui travaille toute la nuit, qu’il faut arrêter. Il faut arrêter ceux qui envoient les patientes sans même pas prendre la peine de leur faire des examens », accuse-t-elle. « Comment se fait que dans le plus grand hôpital dédié à la mère et l’enfant, d’une wilaya qui connaît le 4ème taux de croissance démographique, vous mettez 2 sages-femmes ! », dira-t-elle.

Rappelons enfin qu’une dame de 23 ans est décédée le 24 juillet dernier après avoir été ballottée entre 3 hôpitaux de la région de Djelfa. Le ministère de la Santé a envoyé une commission d’enquête et s’est constitué partie civile.