Mahdjoub Bedda ne veut rien lâcher. Le ministre de l’Industrie a réaffirmé, mardi à Alger, sa volonté de ne pas laisser les « industriels européens » faire de l’Algérie un simple marché.

« On ne va pas permettre aux industriels de venir en Algérie pour faire du commerce. Le commerce est fini », a en effet lancé le ministre lors d’un point de presse animé mardi au Palais du gouvernement. Mahdjoub Bedda s’exprime sur les constructeurs automobile et autres représentants de marques étrangères qui ne viennent que pour vendre des marchandises.

Comme solution à cette situation, le ministre a rappelé la préparation en cours d’un cahier des charges relatif à l’industrie automobile. « Ce qui a exigé une révision du cahier des charges régissant l’industrie automobile. Il s’agit de lever les carences constatées pour arriver à installer une véritable industrie », a-t-il indiqué tout en ajoutant que «nous veillerons à ce que le prochain cahier des charges, qui sera finalisé incessamment, tienne compte des intérêts de toutes les parties, à savoir l’Etat, les opérateurs et les consommateurs lesquels pourront acheter une voiture à un prix raisonnable ».

Selon les premières indications émanant du ministère de l’industrie, le nouveau cahier des charges comporte notamment des clauses obligeant les marques étrangères à être actionnaires des projets en construction dans le pays, investir dans l’industrie de la sous-traitance et, enfin, exporter une partie des produits fabriqués.

Dès son installation, Mahdjoub Bedda a qualifié l’industrie du montage automobile d’importation « déguisée ». Il a promis d’y mettre fin.

Le problème est que la révision de cette loi risque de plonger le pays, une nouvelle fois, dans la spirale de l’instabilité réglementaire. Puisque l’actuel cahier des charges, élaboré du temps où Abdesselam Bouchouareb était encore ministre, n’a pas vécu plus d’une année et demie. Une durée très courte pour une loi. La pratique de l’instabilité de la législation algérienne est souvent décriée. Beaucoup de lois changent pratiquement chaque année, ce qui déroutent les investisseurs étrangers !